Un million de téléphones portables à Cuba, internet à la traîne

jeudi 7 juillet 2011 22h17
 

LA HAVANE (Reuters) - Deux ans après la levée des restrictions imposées par les autorités cubaines sur la possession de téléphones portables, le nombre de Cubains en ayant un a fortement augmenté, selon une étude publiée jeudi.

La possession d'un ordinateur et l'accès à internet restent en revanche limités, indique ce rapport.

Fin 2010, on comptait un million de téléphones mobiles dans le pays, contre 621.000 fin 2009 et 330.000 fin 2008, année lors de laquelle leur achat et leur utilisation a été autorisé pour l'ensemble de la population, selon l'Office cubain de la statistique.

L'île compte 11,2 millions d'habitants.

Le nombre de lignes de téléphone fixe y est comparable à celui de téléphones mobiles. Avec une densité totale de téléphones légèrement inférieure à 20%, Cuba est à la dernière place du classement des pays d'Amérique latine, selon l'Union internationale des télécommunications, qui dépend des Nations unies.

Le rapport de l'Office cubain de la statistique précise qu'on trouve dans le pays 64 ordinateurs et 159 usagers d'internet pour 1.000 habitants.

Toutefois, l'accès à internet nécessitant une autorisation spéciale, la plupart des internautes ne peuvent consulter qu'un réseau interne supervisé par les autorités via des cybercafés ou leur lieu de travail.

De plus, faute de réseau à haut débit, la simple consultation de ses courriels peut s'avérer fastidieuse, sans parler de l'envoi de photos ou de vidéos, ce qui handicape également les entreprises et les fonctionnaires.

Cuba accuse les Etats-Unis de lui refuser l'accès au réseau de câbles sous-marins, et se dit contraint de recourir au réseau satellitaire sur lequel il ne peut acheter qu'une bande passante limitée.

En février cependant, un câble de fibre optique a été posé entre le Venezuela et Cuba, et devrait entrer en service graduellement à partir de ce mois-ci, promettant aux Cubains un internet 3.000 fois plus rapide et une capacité renforcée du réseau téléphonique.

Gregory Schwartz pour le service français