Ubisoft à la peine en Bourse, paye son retard stratégique

vendredi 24 juin 2011 16h50
 

par Juliette Rouillon

PARIS (Reuters) - Ubisoft se traîne en Bourse de Paris depuis son violent décrochage de la mi-2008, le groupe ayant tardé à s'adapter à la nouvelle donne d'un marché du jeu vidéo de plus en plus imprévisible et concurrentiel.

L'explosion des jeux en ligne, le recentrage des 'geeks' sur quelques titres à succès et l'impact de la crise sur les joueurs occasionnels ont frappé de plein fouet le numéro trois mondial des éditeurs de jeux vidéo, qui a fait l'erreur de rester trop longtemps généraliste, estiment les analystes.

"Le problème de la société est qu'elle est sur un marché très difficile. Les clients sont de plus en plus exigeants et pour rester dans la course, il faut investir de plus en plus", résume Xavier-Emmanuel Pingault, analyste chez Oddo Securities, à "alléger" sur le titre avec un objectif de 7,50 euros.

"Il est difficile de faire de la qualité à tous les niveaux. Plusieurs titres n'ont pas été à la hauteur depuis deux ans", ajoute-t-il, en citant les jeux "Prince of Persia", "Skate Boarding" et "Pure Football", dont les ventes ont déçu.

L'action, qui se traitait à plus de 35 euros en mai 2008, s'échange entre 6 et 10 euros depuis un an, soit une perte de 70% à 80% et de 1,5 à 1,8 milliard d'euros de capitalisation boursière. Elle valait 6,525 euros vendredi après-midi, faisant ressortir une capitalisation de 618 millions d'euros.

Malgré un engouement qui ne se dément pas pour son blockbuster "Assassin's Creed", des analystes pensent qu'Ubisoft mettra du temps à rattraper ses erreurs de stratégie, certains estimant qu'il faudra attendre l'arrivée de la nouvelle génération de consoles de jeux pour voir le titre rebondir.

En attendant, ils soulignent que le groupe de Montreuil, qui s'est décidé début 2010 à prendre le virage stratégique qui s'imposait depuis deux ans, peine à retrouver une bonne rentabilité.

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<p>Yves Guillemot, fondateur et patron d'Ubisoft. Le num&eacute;ro trois des &eacute;diteurs de jeux vid&eacute;o se tra&icirc;ne en Bourse de Paris depuis son violent d&eacute;crochage de la mi-2008, le groupe ayant tard&eacute; &agrave; s'adapter &agrave; la nouvelle donne d'un march&eacute; du jeu vid&eacute;o de plus en plus impr&eacute;visible et concurrentiel. /Photo d'archives/REUTERS/Mario Anzuoni</p>