Le site de la police de l'Arizona visé par des pirates

vendredi 24 juin 2011 07h28
 

WASHINGTON/BOSTON (Reuters) - Le groupe de pirates Lulz Security, qui a revendiqué de nombreuses attaques informatiques ces dernières semaines, a visé jeudi un site de la police de l'Arizona pour protester contre la loi anti-immigration de cet Etat américain.

Lulz Security a diffusé des documents relatifs au contrôle des frontières et à d'autres activités de maintien de l'ordre. Au total, ce sont environ 500 megabits de données - noms, mots de passe, bulletins et documents internes - qui ont été rendus publics. Reuters a pu contacter deux personnes afin de vérifier.

"Nous sommes au courant", a déclaré un porte-parole du département de sûreté publique de l'Arizona, ajoutant que des mesures de sécurité supplémentaires étaient mises en oeuvre.

L'Arizona a adopté l'an dernier une loi ordonnant à la police de vérifier le statut de toute personne qu'elle soupçonnerait d'être un clandestin, afin de réduire le flux d'immigration illégale à sa frontière avec le Mexique.

La mesure, soutenue par une majorité d'Américains, a été en revanche dénoncée par ses détracteurs comme anticonstitutionnelle, pouvant conduire au harcèlement des membres de la communauté hispanique.

Lulz, un groupe de hackers qui n'a toujours pas été identifié, a revendiqué une série d'attaques contre Sony, le Sénat américain, la CIA, la chaîne Fox TV du groupe News Corp et également jeudi, le site de la présidence brésilienne.

Il possède un compte sur le site de microblogging Twitter, avec plus de 240.000 abonnés ("followers").

Des experts en sécurité informatique pensent que Lulz est une émanation d'un autre groupe de hackers, Anonymous, qui s'était fait connaître l'an dernier en attaquant des sociétés s'étant opposées au site WikiLeaks et à son fondateur Julian Assange. Les membres de LulzSec seraient disséminés à travers le monde et communiqueraient via des forums secrets.

Le mot Lulz est une variation de l'expression "lol" utilisée dans le langage courant et sur internet pour signifier un rire.

Diane Bartz, Jim Finkle, Jean-Stéphane Brosse pour le service français