Des hackers affirment avoir piraté le site internet de la CIA

jeudi 16 juin 2011 07h42
 

BOSTON (Reuters) - Le site internet de la CIA, l'agence centrale du renseignement américain, n'était plus accessible mercredi soir et des pirates informatiques regroupés sous le nom de Lulz Security ont annoncé l'avoir piraté.

Dans les minutes qui ont suivi la revendication, diffusée via Twitter vers 18h00 (22h00 GMT), l'accès au site a été rompu. Plus tard dans la soirée, les connexions étaient sporadiques.

"Nous vérifions ces informations", a déclaré une porte-parole de l'agence.

Les hackers de Lulz Security sont déjà parvenus ce week-end à s'introduire sur le site du Sénat et ont diffusé des données récupérées sur les serveurs de l'assemblée. Le même groupe avait réussi à pirater les systèmes informatiques de Sony et de la chaîne publique de télévision américaine PBS.

Les spécialistes de la sécurité informatique relativisent cependant la portée de ces intrusions. Les hackers de Lulz Security chercheraient avant tout à se faire remarquer et ne poseraient pas véritablement un danger direct.

"Tout ce qu'ils font revient à dire: regardez comme nous sommes doués. Tout ce qu'ils cherchent, c'est provoquer littéralement de l'embarras, dire: votre sécurité est nulle", analyse l'essayiste Jeffrey Carr, auteur d'"Inside Cyber Warfare: Mapping the Cyber Underworld".

Dans le cas précis de l'attaque contre la CIA, souligne-t-il, les hackers, en piratant le site public de l'agence, n'ont aucun moyen d'accéder à des données sensibles.

Quant à leur opération lancée en mai contre PBS, ils l'ont utilisée pour poster un faux article annonçant que le rappeur Tupac Shakur, assassiné en 1996, était vivant et installé en Nouvelle-Zélande.

Il n'en allait sans doute pas de même avec la tentative d'intrusion sur les systèmes du Fonds monétaire international (FMI), révélée ce week-end, ou bien encore avec l'attaque déjouée le mois dernier par le groupe d'armement et de technologie Lockheed Martin, premier fournisseur du Pentagone.

Les hackers de Lulz Security n'ont du reste pas été soupçonnés dans ces deux cyber attaques qui illustrent les difficultés de la lutte contre des pirates informatiques.

Jim Finkle, Phil Stewart et Marius Bosch; Henri-Pierre André pour le service français