SFR baisse ses tarifs et les simplifie pour mieux fidéliser

mardi 7 juin 2011 12h28
 

PARIS (Reuters) - L'opérateur télécoms SFR a annoncé mardi la refonte intégrale de ses offres mobiles, assortie de baisses tarifaires de l'ordre de 25%, à quelques mois de l'entrée sur le marché d'un nouvel acteur, Free Mobile.

La filiale de Vivendi veut ainsi limiter d'un point le taux de désabonnement chez ses clients pour ramener le "churn" à 14%, et compte relancer ses conquêtes grâce à la simplification de sa grille tarifaire, qu'il serait difficile pour un concurrent de répliquer rapidement.

"Il y a six mois avec (le PDG) Frank Esser, on a redéfini notre stratégie d'entreprise (...) On passe de 33 à huit tarifs", a expliqué Frank Cadoret, le directeur général des segments grand public et professionnel.

L'un des axes de cette nouvelle stratégie vise à s'émanciper dans certains cas des subventions onéreuses liées surtout à la vente de smartphones, que les opérateurs ont traditionnellement dû supporter, au détriment parfois de leur rentabilité, pour séduire de nouveaux clients.

"Le client changeait parfois son mobile sans qu'il n'y ait de véritable innovation dans le produit, simplement parce qu'il renouvelait son forfait et que le portable lui coûtait un euro", explique Frank Cadoret, qui estime que la vente d'un smartphone subventionné coûte plus d'une centaine d'euros à l'opérateur, voire même jusqu'à 600 euros dans certains cas.

Le groupe français, qui recrute aujourd'hui 15% de ses clients grâce à des offres de téléphonie vendues sans mobile, estime pouvoir atteindre dans un an le cap du million d'abonnés acquis sans subventionner d'appareil.

A quelques mois de l'entrée sur le marché de Free Mobile, la filiale d'Iliad qui a promis de prendre des parts de marché en baissant les prix, SFR estime que la refonte de ses offres, qui a nécessité notamment de revoir une partie de son système informatique, serait difficile à répliquer rapidement par un concurrent.

Interrogé sur l'impact financier de ces nouvelles offres, SFR s'est contenté de confirmer ses objectifs financiers pour 2011, tablant sur une baisse de son Ebitda dans le mobile et une hausse dans la fibre et l'ADSL.

Au premier trimestre, le groupe a vu son Ebitda - l'excédent brut d'exploitation - dans le mobile reculer de 8,6%, à 762 millions d'euros, payant le prix d'une politique commerciale plus agressive visant à retenir les clients, sur fond notamment de turbulences liées à un changement de taxation dans le secteur.

A 12h00, l'action Vivendi avançait de 0,26%, à 18,95 euros, tandis que le premier opérateur français France Télécom était stable, à 15,285 euros, et l'indice européen des télécoms progressait de 0,14%.

Marie Mawad, édité par Jean-Michel Bélot

 
<p>Frank Esser, le PDG de SFR. L'op&eacute;rateur t&eacute;l&eacute;coms SFR a proc&eacute;d&eacute; &agrave; une refonte int&eacute;grale de ses offres mobiles, assortie de baisses tarifaires de l'ordre de 25%, &agrave; quelques mois de l'entr&eacute;e sur le march&eacute; d'un nouvel acteur, Free Mobile. /Photo prise le 7 juin 2011/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>