Avec l'e-G8, Internet entre dans la cour des grands

mercredi 25 mai 2011 19h02
 

par Marie Mawad

PARIS (Reuters) - Internet aurait-il grandi ? L'e-G8, qui a réuni à Paris les têtes d'affiche du web, a insisté sur l'économie, la régulation et la concurrence, très loin du cliché de l'adolescent qui lance depuis son sous-sol la prochaine start-up à succès.

Dans l'assemblée et sur scène, les costume-cravates sont alignés, les têtes grisonnantes nombreuses. Le jeune entrepreneur a lui aussi enfilé son habit du dimanche, n'osant pas la fantaisie qui rappellerait qu'il n'a pas encore 30 ans.

"Le futur de l'internet n'est pas ici, il n'a pas été invité!", lançait mercredi Lawrence Lessig, professeur à Stanford, rappelant que le web servait avant tout de terrain d'expression et d'innovation pour ceux qui ne trouvaient pas leur place ailleurs.

"Facebook, Skype, Google... Qu'est-ce qui unit toutes ces innovations ? Elles ont toutes été créées par des gamins, des gens qui ont abandonné l'école, ou par des immigrés. Des marginaux", a-t-il expliqué.

Ce professeur n'a pas été seul à critiquer le choix des invités. Un groupe de représentants de la société civile a organisé à l'impromptu une conférence de presse pour dénoncer le fait que la parole ait été donnée majoritairement à de grands groupes établis.

Réunissant plus de 1.500 participants, l'e-G8 a accueilli les grands noms de l'internet, de Google, à Facebook ou Twitter, ainsi que des start-ups, aux côtés d'opérateurs télécoms et de politiciens.

Sur scène, les quadragénaires se sont succédés d'une table-ronde à l'autre, alignant leurs chaussures cirées, jusqu'à ce qu'une paire de Converse se démarque, mercredi matin : celles de Sean Parker, le fondateur de Napster dont les extravagances rapportées lui ont valu un personnage, interprété par Justin Timberlake, dans le film vedette "The Social Network".

En marge des débats, les extravagances étaient également rares. L'accolade entre les deux hommes d'affaires aux cheveux longs, Xavier Niel, le fondateur de Free, et Jacques-Antoine Granjon, fondateur de vente-privee.com, a été prise d'assaut par une quinzaine de caméras.

Avec Gwénaëlle Barzic, édité par Jean-Michel Bélot