May 18, 2011 / 10:43 AM / 6 years ago

Les opérateurs montent la garde contre les hackers

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Les op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms multiplient les mesures pr&eacute;ventives pour &eacute;viter qu'une cyber-attaque de grande ampleur ciblant les t&eacute;l&eacute;phones mobiles ne vienne polluer leurs r&eacute;seaux et faire exploser les factures de leurs clients. /Photo d'archives/Jorge Silva</p>

par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Les opérateurs télécoms multiplient les mesures préventives pour éviter qu'une cyber-attaque de grande ampleur ciblant les téléphones mobiles ne vienne polluer leurs réseaux et faire exploser les factures de leurs clients.

Le marché de la protection des mobiles contre les menaces informatiques devrait croître de 50% par an pour atteindre deux milliards de dollars en 2014, selon le cabinet Infonetics.

Dans quelques années, il sera aussi gros que celui de la protection des ordinateurs, soit cinq à six milliards de dollars, estime Eugene Kaspersky, PDG du groupe du même nom spécialisé dans les logiciels antivirus.

La menace s'amplifie, disent des experts, qui soulignent que la popularité croissante des smartphones et du téléchargement d'applications offre aux 'hackers' un accès inédit aux données privées d'usagers.

Des cybercriminels s'en prennent donc de plus en plus aux téléphones portables pour envoyer des SMS surtaxés, facturés à l'abonné, voire même pour voler des coordonnées bancaires.

"On voit de plus en plus de 'malware' (menaces) depuis fin 2009, début 2010. C'est devenu un sujet important et nous réagissons en essayant d'éduquer nos abonnés. Nous privilégions la prévention à la guérison", explique Eric Edelstein, directeur de la sécurité mobile chez Orange.

Le premier opérateur français a mis en place en parallèle des mesures techniques de protection de son réseau dans les marchés où la législation le permet, notamment pour empêcher la transmission de virus par SMS.

UN OUTIL DE FIDÉLISATION

Outre-Atlantique, le leader du marché américain AT&T déclarait lundi, lors du sommet Reuters des technologies, qu'il comptait proposer de nouveaux services de sécurité l'an prochain pour combattre une forte montée de la cybercriminalité.

"Il y a des 'malware' qui coûtent clairement de l'argent aux clients, et quand la facture téléphonique est touchée, ça devient de facto un problème que doit gérer l'opérateur", explique Mikko Hypponen, de la société spécialisée dans la sécurité informatique F-Secure, qui travaille avec une quarantaine d'opérateurs sur la sécurisation des mobiles.

Dans la plupart des cas, les services qu'offrent les opérateurs sont élargis pour inclure la protection des données et l'assurance en cas de vol. C'est alors un outil de fidélisation et une façon d'augmenter le revenu par abonné, car de tels services sont facturés jusqu'à 12 euros par mois.

En France, Orange propose des options pour le vol, la casse, et pour couvrir d'éventuelles communications frauduleuses pour 3 à 9 euros par mois.

Le numéro deux français SFR, filiale de Vivendi, a signé avec McAfee pour préinstaller l'un de ses antivirus sur certains mobiles, selon des dirigeants de cet éditeur de logiciels, et l'opérateur discute avec Kaspersky, selon le président de cette entreprise.

Dans d'autres pays, des concurrents ont choisi d'équiper d'office leurs appareils de logiciels antivirus. C'est le cas de Verizon aux Etats-Unis, de Vodafone en Angleterre et du groupe nordique TeliaSonera.

De simple appareil pour téléphoner, le mobile est devenu un outil informatique complexe, sur lequel les utilisateurs stockent de plus en plus de données privées et réalisent des opérations parfois sensibles, comme des transactions bancaires.

"Je pense que les 'méchants' se rendent comptent qu'un smartphone est l'appareil le plus personnel qui soit", explique John Hering, président de Lookout, une startup spécialisée dans la sécurité des mobiles.

Sonnette D'alarme

Le nombre de menaces ciblant les smartphones ne représente toujours qu'une goutte dans l'océan des virus visant les ordinateurs personnels, dont 10.000 nouvelles sortes sont répertoriées tous les jours, mais les attaques vont croissant et se sont intensifiées depuis le début 2011.

"Il y a des exemples où la sonnette d'alarme a été tirée", dit Frank Bunn, directeur de la zone Europe du fabricant d'antivirus Symantec.

L'attaque la plus importante à ce jour contre les mobiles, "Droid Dream", a piégé entre 50.000 et 200.000 téléphones au mois de mars. Le ver s'est propagé au travers de logiciels Android modifiés par des 'hackers', mais néanmoins distribués dans la boutique virtuelle d'applications de Google.

Alors qu'Apple et Google se targuent de la multitude d'applications disponibles dans leurs magasins, c'est précisément cette possibilité de téléchargement et l'ouverture nouvelle des téléphones aux logiciels externes qui est pointée du doigt comme porte d'entrée aux menaces informatiques.

"Il faut trouver un équilibre entre ouverture et sécurité. (...) Dans un monde de smartphones basé sur des plates-formes ouvertes, il faut que le système d'exploitation lui-même soit équipé d'un niveau de sécurité suffisant", explique Florian Seiche, président de la zone EMEA (Europe-Afrique-Moyen-Orient) du fabricant sud-coréen HTC.

Edité par Dominique Rodriguez

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