May 16, 2011 / 6:45 AM / 6 years ago

L'Etat veut au moins 2,5 milliards d'euros pour les licences 4G

5 MINUTES DE LECTURE

par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - L'Etat a fixé un prix minimal de 2,5 milliards d'euros pour les licences 4G de téléphonie mobile, dévoilant lundi une facture plus salée qu'anticipé pour les opérateurs télécoms, pour des obligations de couverture du territoire ambitieuses.

Le gouvernement donnera le coup d'envoi à l'appel d'offres début juin pour un dépôt des candidatures prévu en septembre et l'attribution les mois suivants de ces fréquences de quatrième génération, a déclaré au Figaro Eric Besson, le ministre de l'Industrie et de l'Economie numérique.

"La France ne doit pas brader ses fréquences", a-t-il dit, en amont de la publication officielle de ces modalités par l'Arcep, le régulateur français des télécoms.

L'Etat, qui avait inscrit à son budget 2011 des recettes de deux milliards d'euros qu'il espère tirer de ces licences, a également inscrit une obligation de couvrir 99,6% de la population à un horizon de 15 ans.

Pour la première fois dans le cadre de licences mobiles, les opérateurs devront déployer leurs antennes en priorité dans des zones rurales où ils n'iraient pas spontanément car l'installation d'un réseau y est plus coûteuse.

"Ça me semble très cher. (...) Le gouvernement tire vers le haut. C'est une excellente nouvelle pour eux s'ils arrivent à vendre les licences, mais il y a un risque d'échec de ces enchères", estime un analyste basé à Paris.

Actuellement quatre opérateurs disposent d'une licence mobile de génération précédente, en 3G : France Télécom, SFR, Bouygues Telecom et depuis peu Iliad. Ils sont tous potentiellement candidats pour la nouvelle génération de fréquences.

Les quatre opérateurs télécoms français n'ont pas souhaité commenter ces annonces.

DÉSAVANTAGE AUX PETITS OPÉRATEURS

La technologie 4G, qui doit permettre des débits plus rapides sur les réseaux de téléphonie mobile, à l'heure où de nouveaux usages comme la vidéo sur les smartphones font exploser le trafic de données, est jugée déterminante dans le paysage concurrentiel des télécoms français.

"Deux groupes qui se retrouvent avec le couteau sous la gorge sont Bouygues et Iliad, c'est une vraie mauvaise nouvelle pour eux", poursuit l'analyste.

Moins puissants financièrement, ces opérateurs de moindre taille sont en théorie moins bien placés pour remporter les enchères.

L'Etat a fixé à 1,8 milliard d'euros le plancher pour les fréquences dans la bande de 800 MHz et à 700 millions pour la bande de 2,67 GHz, jugée de moins bonne qualité.

Des sources proches du dossier avaient indiqué à Reuters en avril que les concurrents d'Orange faisaient front commun pour demander que l'Etat les protège lors des enchères, de peur que l'opérateur historique, plus riche, ne rafle la mise pour conforter son leadership.

Eric Besson n'exclut pas quant à lui l'entrée d'un nouvel opérateur à ces niveaux de prix, notamment un opérateur mobile virtuel.

"Le découpage des lots - quatre lots dans la bande 800 MHz et 15 lots dans la bande 2,6 GHz - favorise l'arrivée de nouveaux opérateurs comme les opérateurs mobiles virtuels (MVNO) ou d'autres. Nous avons reçu des manifestations d'intérêt de la part de plusieurs nouveaux entrants potentiels. Rien n'interdit l'entrée d'un cinquième opérateur mobile", a-t-il dit.

Des plafonds d'acquisition, des possibilités de mutualisation et des engagements sur l'accueil des MVNO sont notamment prévus pour rééquilibrer les pouvoirs.

Avec Juliette Rouillon, édité par Dominique Rodriguez

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