28 avril 2011 / 19:54 / il y a 6 ans

L'essor de la TV connectée suscite craintes et espoirs en France

<p>Un mod&egrave;le de TV connect&eacute;e &agrave; internet et sa t&eacute;l&eacute;commande. Fabricants, cha&icirc;nes, op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms et acteurs d'internet sont partag&eacute;s entre espoir pour certains et appr&eacute;hension pour d'autres face &agrave; l'&eacute;mergence des t&eacute;l&eacute;visions connect&eacute;es en France qui devraient bouleverser les usages en faisant la jonction entre la t&eacute;l&eacute;vision et internet. /Photo prise le 21 octobre 2010/Kim Kyung-Hoon</p>

par Gwénaelle Barzic

PARIS (Reuters) - Fabricants, chaînes, opérateurs télécoms et acteurs d'internet sont partagés entre espoir pour certains et appréhension pour d'autres face à l'émergence des télévisions connectées en France qui devraient bouleverser les usages en faisant la jonction entre la télévision et internet.

Commenter sur Twitter le journal de 20h00, acheter le CD d'un artiste dont le clip est diffusé, consulter la biographie des acteurs d'un film : telles sont les nouvelles possibilités offertes par ces écrans hybrides.

Déjà développé aux Etats-Unis, ce marché est encore émergent en France où 750.000 téléviseurs connectables ont été vendus l'an dernier sur un total de 8,5 millions d'appareils. Selon les estimations du Simavelec, ce chiffre devrait dépasser les 5 millions en 2012.

"La question n'est pas de savoir quand elle (la télévision connectée) va arriver, ou si elle va arriver, elle est déjà là", a constaté Alain Weill, le PDG de NextRadioTV, à l'occasion d'un colloque organisé à ce sujet par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Ces équipements vont permettre aux chaînes d'offrir de nouveaux services à leurs téléspectateurs mais ces derniers auront aussi accès, sans bouger de leur fauteuil, à l'océan de contenus issus du web par le biais notamment des moteurs de recherche intégrés dans ces nouveaux écrans.

Les acteurs traditionnels de la télévision craignent donc une accentuation de la fragmentation de leurs audiences et une compétition accrue pour un gâteau publicitaire qui ne grossit pas.

QUELLE RÉGULATION ?

Ils redoutent aussi ne pas jouer à armes égales face à de nouveaux acteurs, souvent étrangers, tels Hulu, Netflix ou Youtube, qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes réglementaires et fiscales.

Vont "se retrouver en compétition sur l'écran du salon", l'univers de l'internet "où il n'y a aucune règle" et celui "extrêmement bien régulé" de la télévision, a fait valoir le patron de TF1 Nonce Paolini.

Cette inquiétude est partagée par des opérateurs télécoms tels que SFR dont le responsable de l'innovation Jeremy Manigne a souligné la contradiction qu'il pourrait y avoir entre empêcher sur les boxes l'accès à certains services comme le spécialiste du téléchargement "Megaupload" alors même qu'ils seraient accessibles sur la télévision connectée.

Les acteurs "historiques" plaident donc pour que les mêmes règles du jeu s'appliquent à tous, notamment sur le plan fiscal, même s'ils se font peu d'illusion sur la capacité des pouvoirs publics français à imposer leurs vues à des géants multinationaux.

"Cela fait quatre ans qu'on parle de taxer Google mais rien ne s'est passé", a ainsi fait valoir Maxime Lombardini, directeur général du groupe Iliad.

BATAILLE DES CONTENUS

Face à cette nouvelle donne, la maîtrise des contenus s'annonce décisive.

Chaînes comme opérateurs craignent d'être contournés par des acteurs puissants tels que Google et Apple, qui forts de leurs capacités financières, pourraient aller négocier directement avec les studios américains les droits des séries qui font aujourd'hui les succès d'audience de la télévision française.

"La capitalisation boursière de Google c'est 100 fois celle de TF1", a ainsi rappelé Nonce Paolini.

Les fabricants de téléviseurs s'invitent aussi dans le jeu et Sony proposera ainsi sur ses écrans connectés un kiosque de contenus pour lequel l'abonnement sera payant, a indiqué le directeur général de Sony France Philip Citroën.

Face à cette nouvelle concurrence, les chaînes vont devoir investir dans les programmes afin d'en garder la maîtrise, ont souligné plusieurs intervenants.

"Si on veut que le spectateur en masse ne vienne pas s'abonner à des offres comme Netflix pour télécharger ou pour regarder en streaming (...) la dernière saison de Mad Men, il faut que les diffuseurs français réinvestissent le champ de la fiction française et européenne", a ainsi estimé le président du CNC Eric Garandeau.

Lors du colloque, les ministres de la Culture et de l'Industrie Frédéric Mitterrand et Eric Besson ont annoncé la création d'une mission dédiée à la télévision connectée qui devra rendre ses conclusions d'ici la rentrée prochaine.

Reste à savoir quel sera le succès de cette innovation technologique. Selon des estimations, seulement 15 à 20% des écrans connectables sont effectivement connectés, a rappelé Michel Boyon le président du CSA.

Edité par Matthieu Protard

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