19 avril 2011 / 09:53 / il y a 6 ans

Le PlayBook de RIM arrive aux Etats-Unis entouré d'incertitudes

<p>LE MARCH&Eacute; DES TABLETTES NUM&Eacute;RIQUES</p>

par Alastair Sharp

TORONTO (Reuters) - Research in Motion devait lancer mardi en Amérique du Nord sa riposte face à l'iPad d'Apple avec sa tablette numérique PlayBook, dont le groupe canadien attend fiévreusement de savoir si elle séduira les consommateurs.

L'enjeu est de la plus haute importance pour RIM, dont le BlackBerry a longtemps été souverain sur le marché des smartphones, avant que l'iPhone et une multitude d'appareils fonctionnant sous Android, le système d'exploitation de Google, ne viennent marcher sur ses plates-bandes.

Le lancement aux Etats-Unis et au Canada du PlayBook, qui n'est doté que du WiFi, s'est accompagné de reproches sur l'absence des applications phares de RIM en matière de gestion des courriels et d'agenda.

Les distributeurs tels que Staples ou Best Buy font cependant état de précommandes solides, laissant penser que le PlayBook pourrait être une alternative acceptable à l'iPad. Quelque 20.000 magasins distribuent le PlayBook pour sa sortie sur ces deux marchés.

Certains observateurs font valoir qu'il serait injuste de ne serait-ce que comparer les concurrents à l'iPad, qui a quasiment à lui seul fait de ce marché une réalité après son lancement en avril dernier.

Apple en a vendu presque 15 millions en huit mois en 2010. RIM devrait écouler trois millions de Playbook sur une période équivalente cette année, selon 18 analystes interrogés par Reuters.

PAS DANS LA MÊME COUR

<p>LE MARCH&Eacute; DES TABLETTES NUM&Eacute;RIQUES</p>

"Il ne va pas jouer dans la même cour que l'iPad", estime Al Hilwa, analyste chez IDC à Seattle. "La question est plutôt de savoir s'il va vendre plus que le Xoom mais moins que le Galaxy", par exemple, ajoute-t-il en référence aux tablettes sous Android de Motorola et Samsung.

Le renoncement de Staples à ouvrir ses portes dès minuit pour le lancement du PlayBook illustre aussi la difficulté pour RIM, comme les autres, de concurrencer l'iPad, dont la sortie de la version 2 a suscité un engouement exceptionnel.

Pour l'heure, les spécialistes voient RIM comme un outsider potentiel, capable de s'offrir une part de marché notable mais loin derrière Apple et Android, même s'il réussit à compenser un départ que beaucoup prédisent délicat avec la mise en place de son système d'exploitation QNX, acquis l'année dernière.

Le bureau de recherche Gartner estime qu'un appareil tactile sur dix vendu en 2015 - soit 30 millions - sera exploité sous QNX, système qui devrait également trouver sa place sur le marché des smartphones dans l'année à venir.

Cela placerait le système de RIM en troisième position derrière Apple, leader avec près de 50% de parts de marché, et Android, deuxième avec un peu moins de 40%, ne laissant qu'une portion congrue à Hewlett-Packard, qui lancera bientôt la tablette WebOS, et quasiment rien à un éventuel appareil sous Windows.

RIM semble devoir compter pour l'essentiel sur sa clientèle traditionnel, les cadres dirigeants qui ont été séduits par l'innovation du BlackBerry lorsque l'e-mail mobile était encore à l'état embryonnaire.

N'ayant su élargir suffisamment le cercle de ses adeptes, RIM vise donc les 60 millions d'utilisateurs du BlackBerry et attend des entreprises des "dizaines de milliers" de commandes pour le PlayBook, qui pâtit en outre d'un manque d'intérêt des opérateurs téléphoniques, en l'absence de connexion cellulaire - une fonction qui devrait être ajoutée en milieu d'année.

Grégory Blachier pour le service français, édité par Nicolas Delame

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