31 mars 2011 / 16:24 / dans 6 ans

France Télécom guette les pays émergents et renonce à la Syrie

<p>France T&eacute;l&eacute;com veut r&eacute;aliser de nouvelles acquisitions dans les pays &eacute;mergents, en maintenant un rythme de deux &agrave; trois par an, mais a d&eacute;cid&eacute; de se retirer de la course pour la licence mobile syrienne. /Photo d'archives/REUTERS/R&eacute;gis Duvignau</p>

par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - France Télécom veut réaliser de nouvelles acquisitions dans les pays émergents, en maintenant un rythme de deux à trois par an, mais a décidé de se retirer de la course pour la licence mobile syrienne, a déclaré jeudi à Reuters son directeur de la stratégie et du développement.

L‘opérateur télécoms vise en priorité des pays à forte croissance, à l‘image de sa prise de participation dans Korek en Irak, une filiale dont il évalue le potentiel de progression à 30% par an, a expliqué Elie Girard lors d‘une interview.

“Les événements récents dans la région ne changent pas notre stratégie au Moyen-Orient et en Afrique”, a-t-il dit.

A la question de savoir si le groupe comptait marquer un temps d‘arrêt dans ses acquisitions dans les pays émergents, Elie Girard a répondu : “Nous avançons, je crois, au bon rythme (...). On a fait deux ou trois opérations raisonnables par an, en fonction des opportunités, depuis quelques années”.

En Europe, France Télécom réfléchit à lancer des offres de type “quadruple play” - téléphonie fixe, mobile, télévision et internet - sur de nouveaux marchés, se déclarant satisfait de son expérience française sur ce point, a indiqué Elie Girard.

“On est très satisfait du lancement de notre ‘quadruple play’ en France, du coup on s‘interroge sur son introduction sur d‘autres marchés”, a-t-il expliqué.

En excluant la France, l‘Europe a généré 27% des ventes globales de l‘opérateur en 2010. L‘Afrique et le Moyen-Orient ont quant à eux compté pour 9%, à 3,2 milliards d‘euros.

RENONCE À LA SYRIE

France Télécom s‘est fixé pour objectif de doubler ses ventes dans les pays émergents à l‘horizon 2015, en priorité en Afrique et au Moyen-Orient, pour dynamiser sa croissance face à un marché européen de plus en plus concurrentiel.

L‘opérateur français, qui s’était déclaré intéressé par le marché syrien, a toutefois annoncé jeudi qu‘il se retirait de la course pour la licence de téléphonie mobile dans le pays. Il ne remettra donc pas d‘offre dans le cadre des enchères, du fait de conditions d‘attribution jugées non-attrayantes.

Autre candidat pressenti, l’émirati Etisalat a annoncé mardi qu‘il se retirait.

Passant en revue les autres pays de la région, Elie Girard a exclu l‘Iran, mais a cité la possibilité d‘entrer à Bahreïn, en Arabie Saoudite, au Koweït ou à Oman.

“Ce sont des pays avec de très forts taux de pénétration de la téléphonie mobile, mais où les opérateurs ont des marges significatives. Je ne dis pas que nous ne sommes pas intéressés, mais ce n‘est pas notre priorité. C‘est une autre logique que celle de la priorité à la croissance, comme en Irak par exemple.”

FORTE CROISSANCE EN IRAK

France Télécom pourrait atteindre son objectif de ventes pour 2015 en montant au capital de ses filiales tunisienne, marocaine et irakienne, dans lesquelles il est minoritaire mais détient des options d‘achat.

En Irak, où il a pris le mois dernier 44% de l‘opérateur Korek aux côtés d‘Agility, France Télécom a la possibilité d‘augmenter sa participation pour devenir majoritaire en 2014. Il compte, d‘ici là, évaluer les performances de la filiale et la situation politique du pays, mais table sur une forte croissance.

“Si les conditions géopolitiques s‘améliorent, l‘Irak sera peut-être dans trois ou quatre ans l‘un des tout premiers pays producteurs de pétrole du monde et ça lui promet un avenir économique extrêmement intéressant”, a détaillé Elie Girard.

L‘Irak, qui affiche un taux d’équipement en téléphone mobile de l‘ordre de 80%, inférieur à ceux des pays voisins, génère néanmoins un revenu moyen par usager compris entre 12 et 15 dollars, supérieur aux niveaux de trois à cinq dollars constatés, par comparaison, en Inde ou dans une grande partie de l‘Afrique subsaharienne.

“On a l‘ambition de construire un réseau national en Irak d‘ici fin 2011 (...). Korek a déjà lancé commercialement ses services à Kirkouk et Mossoul et il est en train de déployer son réseau dans le reste du pays, en particulier à Bagdad”, a ajouté Elie Girard.

L‘action France Télécom a clôturé jeudi en baisse de 0,22%, à 15,81 euros, dans une capitalisation boursière de 41,9 milliards d‘euros. Le titre gagne 1,4% depuis le début 2011.

Edité par Cyril Altmeyer

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