Difficultés en vue sur l'importation de composants japonais

lundi 28 mars 2011 20h25
 

PARIS (Reuters) - Les entreprises industrielles françaises ne connaissent pas de difficultés majeures d'approvisionnement liées à la catastrophe au Japon mais des turbulences pourraient apparaître fin avril, a déclaré lundi le ministre de l'Industrie Eric Besson.

Les semi-conducteurs, l'automobile, la chimie et les matériaux sont au premier plan des secteurs concernés, a précisé le ministre lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une réunion avec des industriels et des représentants de fédérations professionnelles.

"Il semble qu'il n'y ait pas de difficulté majeure aujourd'hui, mais il pourrait y avoir des difficultés potentielles à partir de fin avril, donc dans quelques semaines, en fonction des évolutions au Japon", a expliqué Eric Besson.

"L'industrie française pourrait être touchée par des baisses de production dans l'automobile, l'électronique...", a-t-il poursuivi, citant en exemple le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics, l'équipementier de l'électronique Sagem (Safran), le groupe de défense Thales, ainsi que Renault et Peugeot dans l'automobile.

D'éventuelles difficultés n'interviendraient toutefois pas immédiatement.

"Ce n'est pas pour les approvisionnements, notamment ceux qui sont déjà sur des bateaux, que des questions se posent. C'est pour les réapprovisionnements. Des contacts ont notamment été coupés avec des entreprises locales", a précisé le ministre.

Ces éléments s'inscrivent dans la lignée des déclarations récentes en provenance des sociétés françaises.

Les géants français des technologies, STMicroelectronics et Alcatel-Lucent ont prévenu mi-mars que leur activité pourrait être perturbée au premier semestre, même s'ils s'estiment pour l'instant à l'abri de problèmes majeurs d'approvisionnement en composants.

L'équipementier télécoms Alcatel a indiqué dans une interview à Reuters avoir mis en place une équipe de gestion de crise.

Dans l'automobile, Peugeot a annoncé la semaine dernière une baisse de son activité dans les moteurs diesel et de probables mesures de chômage technique en Europe liées au Japon. , tandis que Renault a dit qu'il comptait réduire de 15% à 20% la production de son usine de Busan, en Corée du Sud.

Marie Mawad, édité par Pascale Denis