14 mars 2011 / 16:56 / il y a 6 ans

Vivendi et Vodafone loin de s'entendre sur le prix de SFR

par Kate Holton et Astrid Wendlandt

LONDRES/PARIS (Reuters) - Vivendi et Vodafone sont éloignés sur le prix que le premier devra payer pour racheter la totalité de SFR, alors que les discussions entre les deux groupes n'en sont encore qu'à leurs débuts, ont indiqué lundi à Reuters des sources concordantes.

Des analystes voyaient ces négociations comme rapidement bouclées, Vivendi affichant depuis plusieurs mois sa volonté de prendre le contrôle de l'opérateur mobile en rachetant les 44% du britannique Vodafone, estimés entre 7 et 8 milliards d'euros.

"(Les deux groupes) n'arrivent pas à s'entendre sur le prix", a déclaré une source proche du dossier. "Vodafone est assez gourmand. Il demande un prix proche de 8,5 milliards d'euros, ce que Vivendi ne paiera jamais."

Une autre source au fait de la situation a confirmé que des discussions étaient en cours, mais elle a précisé qu'aucune date butoir n'avait été fixée à ce jour, contrairement à certaines informations rapportées dans la presse.

Selon des informations communiquées à Reuters l'été dernier par plusieurs sources, le groupe français a indiqué à des investisseurs lors de présentations financières qu'il valorisait SFR, en termes de valeur d'entreprise, à un montant représentant cinq à six fois l'Ebitda de l'opérateur.

Une telle valorisation correspond à un montant compris entre 6,1 et 7,8 milliards d'euros.

Vodafone aurait de son côté fait savoir qu'il souhaitait obtenir pour sa part de l'opérateur un prix représentant un ratio d'au moins six fois l'Ebitda.

"Les discussions ne se passent pas bien. Vodafone veut un multiple plus élevé pour SFR (...), ce qui implique un prix très cher", a résumé un banquier au courant du dossier, mais qui n'est toutefois pas directement impliqué dans l'opération.

L'ACTION VODAFONE CÈDE PLUS DE 2%

Le Financial Times écrit lundi que Vivendi ne compte pas payer plus de six milliards de livres sterling (6,92 milliards d'euros) pour racheter la participation minoritaire de Vodafone.

L'action de l'opérateur télécoms britannique a fini en recul de 2,18% à 175,6

pence à la Bourse de Londres. A Paris, le titre du géant européen des médias et du divertissement a cédé 1,32% à 19,48 euros, à comparer à une baisse de 1,68% de l'indice européen des télécoms.

Ni Vodafone ni Vivendi n'ont souhaité commenter ces informations.

Lors de la présentation de ses résultats annuels le 1er mars, Vivendi avait refusé de s'exprimer sur l'état des discussions.

Interrogé sur ce point en marge de la présentation, le directeur financier de Vivendi, Philippe Capron, avait appelé à la patience, rappelant que son groupe n'avait touché que récemment le produit de la vente de sa participation dans NBC Universal.

Vivendi a empoché fin janvier 5,8 milliards de dollars (environ 4,2 milliards d'euros) en cédant sa participation dans NBCU, une opération perçue comme le dernier verrou au rachat de la totalité de SFR.

Le groupe français n'exclut pas de racheter par ailleurs les 20% qui lui manquent dans le groupe de télévision payante Canal+ France, détenus par Lagardère, même si, faute de s'être entendu avec Vivendi sur le prix, Lagardère a déclenché la mise en Bourse de sa part, prévue début avril.

Avec Nina Sovich, Gwénaëlle Barzic, Marie Mawad et Leila Abboud à Paris, édité par Dominique Rodriguez

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