25 janvier 2011 / 15:56 / dans 7 ans

Les stars du net français lorgnent de nouveau la Bourse

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Winamax, Assurland, Vente Privée, Sarenza ou encore Viadeo: la liste des entreprises françaises de l‘internet tentées par la Bourse devient impressionnante dans un secteur rendu euphorique par les valorisations envisagées pour les géants américains Facebook, LinkedIn ou Groupon.

Déjà galvanisées par les transactions intervenues en 2010 sur Meetic, Leboncoin, Seloger, PriceMinister ou Liligo, les entreprises hexagonales bénéficient aussi de l‘appétit retrouvé des investisseurs prêts à payer des multiples de valorisation conséquents.

“Il y a une vraie demande des investisseurs”, a observé mardi Virginie Lazès de la banque d‘affaires Bryan Garnier, lors d‘une conférence organisée par le site d‘informations financières CFnews.

Hasard du calendrier, cette conférence sur le secteur de l‘internet intervient le jour même de l‘annonce par Orange de négociations exclusives pour prendre 49% du capital du site de diffusion de vidéos Dailymotion, pour un montant de 58,8 millions d‘euros.

Selon Virginie Lazès, une entreprise peut obtenir sur les marchés une valorisation jusqu’à 15 fois son résultat d‘exploitation, voire plus si sa croissance est particulièrement prometteuse.

UNE NOUVELLE BULLE ?

La surenchère de plus de 10% consentie par l’éditeur allemand Axel Springer pour rafler le site de petites annonces en ligne Seloger.com est d‘ailleurs jugée symptomatique d‘un secteur dont l‘euphorie fait penser certains observateurs à la bulle internet qui a brutalement crevé en 2001.

“Ce n‘est pas une bulle, ces sociétés font de l‘argent”, a déclaré à Reuters Benoist Grossmann, directeur général de Idinvest Partners, un fonds de capital investissement qui a notamment investi dans le site de rencontre Meetic.

Ce financier indique qu‘une demi-douzaine de sociétés que son fonds garde en portefeuille envisagent d‘aller en Bourse dans les deux ans.

Il cite notamment le site de jeux en ligne Winamax, l’éditeur de logiciels Criteo, le site de vente de chaussures Sarenza, le réseau social Viadeo et l’éditeur du site d‘actualité sur les célébrités purepeople.

D‘autres professionnels du secteur veulent aussi croire que les fondamentaux qui portent l‘engouement pour l‘internet sont solides.

Ils rappellent par exemple que le chiffre d‘affaires du commerce en ligne en France a progressé de 24% en 2010, tiré par l‘explosion du nombre de sites marchands et par l‘augmentation du nombre d‘acheteurs en ligne.

“Ce n‘est pas un dynamisme spéculatif”, juge Grégoire Senthiles, fondateur d‘une société de capital-développement - Nextstage - qui a largement investi dans des PME françaises positionnées sur internet.

VAGUE DE FOND

“C‘est la poursuite de la vague de fond de la dissémination de l‘internet qui a commencée en 1995 et qui a été seulement momentanément interrompue en 2001”, juge-t-il.

Cette vague “est repartie de manière plus forte que jamais autour de l‘internet mobile, des réseaux sociaux et de la vidéo sur internet et elle touche maintenant tous les segments de l’économie traditionnelle”, note cet ancien entrepreneur qui compte sur la Bourse pour valoriser de nombreux investissements.

Il cite notamment les site de livraison de repas à domicile Resto-in, le spécialiste de la décoration intérieure Delamaison, ou le site professionnels pour le “e-tourisme” Constellation comme étant des entreprises susceptibles d‘aller en Bourse à terme.

Même optimisme chez Charles Letourneur, gérant chez Alven Capital, un fonds de capital-risque qui a notamment investi dans plantes-et-jardins.com ou monshowroom.com.

UN MOMENT QU‘ON ATTENDAIT ÇA

Pour cet homme d‘affaires, le climat semble être redevenu propice à la Bourse.

“Cela fait un moment que tout le monde attendait ça”, note-t-il, indiquant qu‘un certain nombre de ses sociétés en portefeuille seraient susceptibles de franchir le pas même si aucun processus n‘est actuellement en cours.

“Toutes les entreprises un peu grand public sont potentiellement candidates”, analyse-t-il.

Mais pour Fred Destin, un dirigeant de Atlas Ventures, une société de capital risque qui a notamment investi dans Dailymotion, les entrepreneurs doivent garder les pieds sur terre et réaliser que le marché est moins prometteur en Bourse qu‘outre-Atlantique.

“Il y a de la place pour quelques nouvelles histoires, mais l‘Europe n‘est pas un marché très profond. Le pool d‘investisseurs qui sont prêts à acheter des titres n‘est pas énorme”, note-t-il.

Il ajoute qu’à l‘instar de Dailymotion, le destin de beaucoup de ces entreprises sera d’être rachetées par des leaders de leur industrie plutôt que de se lancer dans une aventure en Bourse.

Avec la contribution de Leila Abboud, édité par Jean-Michel Bélot

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