24 janvier 2011 / 18:16 / il y a 7 ans

Les budgets 4G suspendus au prix des licences, selon Alcatel

par Marie Mawad

PARIS (Reuters) - Alcatel-Lucent voit un net intérêt de la part des opérateurs télécoms français pour les réseaux mobiles de future génération (4G), mais la vitesse de leur déploiement dépendra beaucoup du prix des licences qui seront mises aux enchères par l'Etat.

Pascal Homsy, PDG d'Alcatel-Lucent France, et André Mechaly, directeur de la stratégie de la division française, ont déclaré lundi à Reuters que l'attribution des fréquences 4G, attendue cette année, devrait ouvrir la voie à un déploiement d'infrastructures en deux temps entre 2012 et 2015.

"Même s'ils n'ont pas encore les fréquences, il y a un intérêt de la part des opérateurs pour la technologie. L'appétit est définitivement là", a indiqué Pascal Homsy.

Des négociations sont en cours entre le gouvernement, les opérateurs télécoms et le régulateur du secteur, l'Arcep, sur les conditions d'attribution des licences mobiles 4G, permettant notamment de transmettre des données plus rapidement que sur les réseaux actuels.

Alors que ces licences pourraient rapporter quelque deux milliards d'euros à l'Etat, des sources sectorielles ont redouté que le gouvernement ne tire à la hausse le prix de réserve des enchères à venir avant l'été.

Car l'attribution des licences devrait donner le coup d'envoi aux investissements, mais des fréquences trop chères limiteraient les moyens que France Télécom, SFR, Bouygues ou Iliad peuvent consacrer aux réseaux 4G, et ralentiraient ainsi le déploiement de cette nouvelle technologie.

"Il ne faut pas oublier qu'en France les réseaux 3G sont plutôt de bonne qualité par rapport à ce qui peut se passer ailleurs. Il y a encore du potentiel capacitaire, donc il y a moins de contrainte sur la nécessité d'ouvrir un service de type LTE (4G) que dans d'autres pays, en particulier aux Etats-Unis", a expliqué André Mechaly.

DÉPLOIEMENT EN DEUX TEMPS

L'Europe, tout comme la Chine et l'Inde, ont entre un et deux ans de retard sur les Etats-Unis en matière de 4G, pour des raisons de vitesse d'attribution des licences, de concurrence et de qualité des réseaux existants.

Alcatel parie pour l'instant pour la France sur un déploiement en deux temps, avec pour priorité les zones où le trafic sur les réseaux mobiles est le plus important.

"La logique voudrait que les déploiements se concentrent dans un premier temps sur les zones de forte densité: les aéroports, les centres d'affaires, les centres-villes, les grands hôtels, où se trouvent des usagers potentiels qui ont la capacité de payer pour le haut débit", a détaillé le directeur de la stratégie d'Alcatel France.

En France, Alcatel a des contrats d'essai exclusifs avec les trois principaux opérateurs mobiles, et se dit relativement confiant qu'il fera partie des équipementiers qui seront choisis en phase de déploiement, ces contrats réunissant généralement plusieurs concurrents pour construire chacun un morceau du réseau.

"C'est clair qu'il y a une volonté très forte de ne pas rater le marché sur la 4G (...) On s'est vraiment doté de tous les moyens", a déclaré Pascal Homsy.

Traditionnellement plus faible que ses concurrents dans le mobile GSM, Alcatel-Lucent est le quatrième de son secteur en termes de parts de marché dans ce domaine, le suédois Ericsson étant le numéro un.

Le groupe chinois Huawei a quant à lui connu une ascension fulgurante grâce à des produits plus standardisés et moins chers.

Edité par Dominique Rodriguez

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