Vivendi à la reconquête du marché avec le rachat de SFR

mercredi 19 janvier 2011 15h53
 

par Gwénaelle Barzic et Marie Mawad

PARIS (Reuters) - Le "nouveau Vivendi" issu du rachat des minoritaires de SFR devrait être plus généreux en dividende et moins porté sur les acquisitions, estiment des experts, pour qui l'opération, toute proche, permettra au groupe français de retrouver la faveur des marchés.

Vivendi est sur le point d'encaisser 3,8 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros) pour le solde de sa participation dans NBC Universal, le dernier verrou avant le début de discussions avec Vodafone pour ses 44% dans l'opérateur télécoms, estimés entre 7 et 8 milliards d'euros en numéraire.

"L'opération est très sensée et c'est le bon moment. Vodafone est vendeur, Vivendi a les moyens d'acheter et ils sont à peu près d'accord sur le prix. Ça pourrait se faire en une nuit", déclare un banquier d'affaires basé à Paris, qui a requis l'anonymat.

La reprise de cette machine à "cash", qui devrait améliorer le bénéfice par action jusqu'à 20% selon des analystes, est d'abord une opération financière destinée à réduire la décote de conglomérat, évaluée entre 15% et 20%, qui pénalise l'action Vivendi.

Mais en prenant le contrôle de la totalité de SFR, le géant européen des médias et du divertissement opère également un basculement vers les télécoms, synonyme d'une croissance moins rapide mais de bénéfices plus élevés.

"On ne peut pas satisfaire tout le monde. Il faut choisir entre être une valeur de croissance ou une valeur de rendement (...) Vivendi a décidé de séduire les investisseurs qui veulent du dividende", résume Claudio Aspesi, analyste à Bernstein.

Avec la totale maîtrise de la trésorerie de SFR, les analystes s'attendent à ce que Vivendi relève son taux de distribution du dividende au-delà des 50% auquel il s'est jusque-là engagé.

L'HÉRITAGE MESSIER   Suite...

 
<p>Jean-Bernard Levy, pr&eacute;sident du directoire de Vivendi. Le groupe de t&eacute;l&eacute;coms et de divertissement entend racheter prochainement les 44% de SFR qu'il lui manque, signe d'une strat&eacute;gie visant &agrave; reconqu&eacute;rir les march&eacute;s, moins port&eacute;e sur les acquisitions. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer</p>