21 décembre 2010 / 09:45 / il y a 7 ans

Ingenico dit ne pas avoir reçu d'offre ferme de rachat

PARIS (Reuters) - Ingenico, qui a rejeté dimanche une offre sur l'intégralité de la société, a fait savoir mardi soir qu'elle n'avait reçu aucune offre ferme et ne menait aucune discussion sur son capital.

Cette mise au point du fabricant de terminaux de paiement intervient quelques heures après les propos tenus par un de ses administrateurs, Allan Green.

Ce dernier a déclaré mardi matin à la radio que l'acquéreur était toujours intéressé et qu'un rachat restait possible dans le cadre d'une transaction à l'amiable ne menaçant pas les intérêts de la France.

Safran, détenu à 30% par l'Etat français et premier actionnaire d'Ingenico, a rejeté ce week-end une offre du conglomérat industriel américain Danaher à 28 euros par action, amenant le conseil d'Ingenico à repousser cette proposition, selon des sources proches du dossier.

"A la suite de nombreux commentaires récents, Ingenico tient à rappeler qu'aucune offre ferme n'a été déposée", dit la société dans un bref communiqué. "Aucune discussion portant sur le capital de la société n'est en cours avec Ingenico".

L'action a clôturé en hausse de 5,51% à 27,485 euros, donnant une capitalisation de 1,41 milliard d'euros. Elle a gagné 70% depuis le début de l'année.

"A partir du moment où toutes les informations justes seront données, apportées aux décideurs, il y a la possibilité d'une concertation, d'apporter les garanties aux uns et aux autres que c'est une transaction à l'amiable, qui ne remet en rien (en cause) les intérêts de la France et des salariés d'Ingenico", a expliqué Allan Green mardi matin sur BFM Radio.

AVERTISSEMENT

Des déclarations des pouvoirs publics sur l'intérêt stratégique d'Ingenico pour la filière électronique française ont été interprétées comme un avertissement par la presse et des analystes, qui ont vu derrière la position de Safran une tentative de l'Etat visant à éconduire un acquéreur étranger.

"Je n'ai pas exclu la possibilité d'une entrée d'investisseurs au capital d'Ingenico (...). Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait pas qu'Ingenico s'ouvre à des investisseurs", a déclaré mardi à l'AFP Eric Besson, ministre de l'Industrie.

Prié de dire si la vente était abandonnée, Allan Green a répondu: "Je crois savoir que l'intérêt de l'acquéreur est réel. C'est un intérêt qui est motivé par une stratégie et qui permettrait à Ingenico d'aller encore plus loin et encore plus vite."

"Le fait que ce soit un américain n'est pas neutre. Aujourd'hui, Ingenico a des difficultés à percer réellement sur le marché américain", a-t-il poursuivi.

L'administrateur a nuancé le caractère stratégique des activités d'Ingenico, soulignant notamment que la biométrie, citée comme segment sensible, représentait une part marginale du chiffre d'affaires du groupe.

Il a ajouté que la question de l'intérêt stratégique d'Ingenico n'avait été soulevée pour la première fois qu'à la veille du week-end dernier.

Ingenico a reçu plus de douze marques d'intérêt d'acquéreurs potentiels ces derniers mois, a précisé Allan Green.

Des traders ont estimé mardi que les propos d'Allan Green laissaient la porte ouverte à une transaction, soutenant le cours de Bourse.

Ils avaient indiqué la veille que la perspective d'une intervention du gouvernement dans le dossier Ingenico douchait au contraire la spéculation sur le titre en limitant la probabilité d'une OPA.

Marie Mawad et Cyril Altmeyer, avec Leila Abboud et Blaise Robinson, édité par Jean-Michel Bélot

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