20 décembre 2010 / 09:15 / il y a 7 ans

L'Etat intervient pour écarter la menace d'OPA sur Ingenico

<p>Ingenico est une entreprise jug&eacute;e "strat&eacute;gique" par l'Etat pour la fili&egrave;re &eacute;lectronique fran&ccedil;aise, a d&eacute;clar&eacute; Eric Besson, le ministre de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie num&eacute;rique, dans un entretien &agrave; LCI. /Photo prise le 17 novembre 2010/REUTERS/Charles Platiau</p>

par Marie Mawad et Quentin Webb

PARIS/LONDRES (Reuters) - L‘irruption des pouvoirs publics dans le projet de rachat d‘Ingenico éloigne la perspective d‘une OPA sur le fabricant français de terminaux de paiement, qui a lui-même rejeté dimanche une offre de 1,44 milliard d‘euros proposée par le groupe américain Danaher, disent des analystes.

L‘Etat pourrait intervenir indirectement via Safran, dont il est le premier actionnaire pour barrer la route à “un acquéreur étranger”. Safran, un groupe spécialisé dans les équipements aéronautiques et électroniques, est lui-même actionnaire à 22,4% d‘Ingenico.

“L‘Etat a pleinement conscience du caractère stratégique de cette entreprise pour la filière électronique française”, a déclaré sur LCI le ministre de l‘Industrie Eric Besson à propos d‘Ingenico, ajoutant que l‘Etat discutait de ce dossier avec les dirigeants de Safran.

Safran a rejeté ce weekend l‘offre du conglomérat industriel Danaher à 28 euros par action, ce qui a amené le conseil d‘Ingenico à rejeter cette proposition dimanche, a-t-on appris de sources proches du dossier.

L‘une des sources interrogées par Reuters a précisé que l’équipementier aéronautique Safran avait exigé ce week-end à la dernière minute de pouvoir garder une participation minoritaire au capital d‘Ingenico à l‘issue de l’éventuelle opération.

Suspendue vendredi et lundi matin, le titre Ingenico a clôturé en baisse de 5,58% à 26,050 euros, enregistrant néanmoins une progression de 61,3% depuis le début de l‘année.

ÉVENTUELLE ENTRÉE DU FSI

La déclaration des pouvoirs publics sur l‘intérêt stratégique du groupe a été interprétée comme un avertissement par des analystes et des traders, qui ont estimé que l‘intervention de l‘Etat limitait fortement l‘intérêt spéculatif sur le titre Ingenico. Parmi les activités les plus sensibles d‘Ingenico, figurent notamment des technologies d‘encodage des informations personnelles, comme la biométrie.

“Le fait que l‘Etat mette son nez dans le dossier entraîne une forte décote”, a commenté un trader.

Si le prix de 28 euros est jugé faible par des analystes, ils estiment que l‘Etat cherche avant tout à repousser par tous les moyens un acheteur étranger. Ce qui éloigne, en l‘absence de candidat français crédible, la probabilité d‘une OPA sur Ingenico.

“Si on exclut toute reprise par un groupe étranger, le seul scénario qui reste est celui de l‘entrée du Fonds stratégique d‘investissement, ce qui tuerait toute possibilité d‘OPA”, résume un analyste basé à Paris.

Le FSI n‘a pas souhaité commenter ces informations.

Une porte-parole de Safran n‘a pas fait de commentaire.

Avec la contribution de Raoul Sachs, Blaise Robinson et Leila Abboud à Paris, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below