19 novembre 2010 / 16:40 / il y a 7 ans

Les coupes budgétaires en Europe risquent de pénaliser les SSII

<p>Les soci&eacute;t&eacute;s europ&eacute;ennes de services informatiques (SSII) ne retrouveront au mieux qu'une croissance marginale l'an prochain car les entreprises et les gouvernements vont continuer de faire tr&egrave;s attention &agrave; leurs d&eacute;penses. /Photo d'archives/Sherwin Crasto</p>

par Tarmo Virki

BARCELONE (Reuters) - Les sociétés européennes de services informatiques (SSII) ne retrouveront au mieux qu'une croissance marginale l'an prochain car les entreprises et les gouvernements vont continuer de faire très attention à leurs dépenses.

Il n'y a aucune opération majeure d'externalisation des services informatiques à l'ordre du jour et les SSII, même lorsqu'elles sont à la recherche de contrats de plus petite taille, font face à une très forte pression sur les prix, ont expliqué des dirigeants d'entreprise à l'occasion d'une conférence sur les TMT organisée par Morgan Stanley à Barcelone.

"Il y a assurément des signes de retour des commandes mais l'environnement reste difficile - les prix ne reviennent pas", a déclaré Gilles Grapinet, directeur général adjoint d'Atos Origin.

"Nous ne tablons pas avant la deuxième partie de l'an prochain sur le retour d'une quelconque marge de manoeuvre sur les prix", a indiqué de son côté Laurent Lemaire, directeur financier de Steria.

Cette prudence des SSII européennes contraste avec les prévisions de certains concurrents américains ou indiens. Accenture table sur une hausse du chiffre d'affaires entre 7% et 10% pour l'exercice 2011, tandis que l'indien Tata Consultancy Services a déclaré à Reuters en octobre qu'il anticipait même en Europe une croissance annuelle des ventes se poursuivant au rythme de 20% à 25%.

SECTEURS PUBLICS EN CRISE

Les SSII européennes, de leur côté, attendent au mieux une croissance du marché de deux points de pourcentage.

"Il s'agira bien d'une reprise, mais d'une reprise terne (...), légère", a déclaré le directeur financier de Capgemini Nicolas Dufourcq, ce qui faisait baisser l'action du groupe de 3,2% en fin d'après-midi.

Les coupes budgétaires programmées dans plusieurs pays européens devraient freiner la croissance dans la région et par voie de conséquence pénaliser les investissements dans les services informatiques.

"Je m'attends à ce que le secteur public dans différents pays connaisse d'importantes restructurations, des réductions de coûts importantes en 2011", a souligné Hannu Syrjala, directeur général du groupe nordique Tieto.

"L'Europe souffre de la crise du secteur public en Hollande, en Suède, au Royaume-Uni", a estimé de son côté Nicolas Dufourcq.

Andy Green, directeur général de Logica, reste toutefois "très optimiste" pour le marché du secteur public à moyen terme en dépit des difficultés actuelles.

Il a toutefois précisé qu'il n'était pas encore en mesure d'établir une prévision de croissance pour le Royaume-Uni l'an prochain. "C'est trop tôt pour le dire", a-t-il expliqué.

Steria, en revanche, table sur une progression de son chiffre d'affaires en Grande-Bretagne et de ses ventes au secteur public dans ce pays en 2011. Il prévoit par ailleurs une hausse du chiffre d'affaires du groupe supérieure à la hausse de 1,0% qu'il attend pour cette année.

Gwénaelle Barzic, édité par Dominique Rodriguez

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