Des salariés licenciés pour avoir médit sur Facebook

vendredi 19 novembre 2010 11h48
 

PARIS (Reuters) - Le Conseil des Prud'hommes de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) a confirmé vendredi le licenciement de deux salariés sanctionnés pour avoir critiqué leur direction au cours d'une discussion sur le réseau social Facebook.

Cette décision, qui semble être une première en la matière en France, pose à nouveau la question du flou entre vie privée et vie publique par le truchement d'internet.

Un samedi soir de 2008, trois salariés d'Alten, une société de conseil en informatique, ont critiqué leur hiérarchie sur leur page Facebook, l'un deux parlant d'un "club de néfastes".

Un de leurs collègues, connecté à ce moment-là, a lu l'échange et en a fait part à son employeur, qui a licencié les trois salariés pour "incitation à la rébellion" et "dénigrement de l'entreprise".

Deux d'entre eux ont entamé une procédure pour obtenir réparation, estimant la sanction disproportionnée par rapport aux faits reprochés.

Vendredi, une porte parole du Conseil des Prud'hommes de Boulogne-Billancourt a confirmé que les deux salariés "avaient été déboutés".

Selon leur avocat, Me Grégory Saint Michel, le fait que la discussion ait eu lieu sur un forum public a été déterminante dans la décision du Conseil des Prud'hommes.

"Il y avait 12 ou 15 amis sur la page personnelle de cette personne qui auraient pu avoir connaissance de ces propos", conduisant le tribunal à estimer que "ça n'avait plus un caractère privé", a-t-il expliqué sur France Info.

"En gros, si vous n'avez qu'un seul ami sur Facebook, discutez tranquillement. En revanche si vous en avez plusieurs, même pour plaisanter, vous ne pouvez plus être protégés par la loi", a-t-il ajouté.

L'affaire avait été examinée une première fois en mai dernier, mais le Conseil des Prud'hommes n'avait pas réussi à départager les deux camps.

Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

 
<p>Le Conseil des Prud'hommes de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) a confirm&eacute; le licenciement de deux salari&eacute;s sanctionn&eacute;s pour avoir critiqu&eacute; leur direction au cours d'une discussion sur le r&eacute;seau social Facebook. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge</p>