19 octobre 2010 / 17:55 / dans 7 ans

La bataille pour Draka est loin d'être gagnée pour Nexans

<p>Les analystes donnent peu de chances &agrave; Nexans de mettre la main sur son concurrent n&eacute;erlandais Draka au prix de 15 euros par action qu'il propose &agrave; ses actionnaires. /Photo d'archives/REUTERS</p>

par Julien Ponthus et Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Les analystes interrogés mardi par Reuters donnent peu de chances à Nexans de mettre la main sur son concurrent néerlandais Draka au prix de 15 euros par action qu‘il propose à ses actionnaires.

Depuis l‘annonce lundi du projet d‘OPA, près de 6% du capital de Draka a changé de main à un cours supérieur au prix offert par le leader mondial du câble.

Pour les observateurs, il ne fait guère de doutes que ces investisseurs parient sur le fait qu‘il seront capables de revendre ces actions avec un profit, soit à Nexans, soit à un concurrent.

A la clôture de la Bourse d‘Amsterdam mardi, l‘action Draka valait 15,66 euros, soit 4% de plus que ce qui est proposé par le concurrent français.

“C‘est donc mal parti”, résume un spécialiste français des fusions-acquisitions.

Ce dernier note aussi que les chances de succès de Nexans sont obérées par les conditions qu‘il a posées à son OPA.

L‘ancienne filiale d‘Alcatel a notamment prévenu qu‘en l’état actuel des choses, son offre ne vaudrait que si 95% des actionnaires de Draka y souscrivaient.

Cette clause a le désavantage de permettre à des fonds spéculatifs de bloquer l‘opération avec seulement 5% du capital et d’être ainsi en position de force pour renégocier une offre plus élevée.

Un tel scénario ne semble pas improbable car le journal hollandais Het Financieele Dagblad a rapporté mardi que le fonds Lucerne Capital, avec 4,9% des actions de Drakan, jugeait l‘offre de Nexans trop basse.

Apportant aussi de l‘eau aux moulins des spéculateurs, la presse néerlandaise avait évoqué la semaine dernière des fourchettes de prix allant jusqu’à 18 euros, ce qui avait déclenché une spéculation exacerbée sur le titre avec des volumes plus de dix fois supérieurs à la normale.

“S‘il fallait prendre un pari, je dirais qu‘elle (l‘offre) se fera, mais à un prix un peu supérieur” aux 15 euros proposés par Nexans, a jugé un analyste du secteur sous couvert d‘anonymat.

ENGAGEMENT DE FLINT, PRINCIPAL ATOUT DE NEXANS

Nexans a pour atout l‘engagement du principal actionnaire de Draka, Flint Investment, d‘apporter sa participation de 48,5% à son OPA si cette dernière est jugée, après négociation, amicale par la direction de Draka.

Si cette condition peut être vue comme un gage de succès, elle empêche néanmoins le groupe français d‘acheter immédiatement cette participation et de mettre ainsi un pied dans la porte de l‘entreprise.

Un achat direct des actions de Flint Investment aurait eu l‘avantage de dissuader d‘autres prédateurs d‘intervenir et aurait douché du coup les espoirs des spéculateurs de voir une bataille boursière intervenir.

Cette technique “préemptive” a récemment été utilisée en France par Axel Springer, le propriétaire du tabloïd allemand Bild, qui a acquis auprès du fondateur du groupe de petites annonces immobilières Seloger.com un bloc de 12,4%.

Nexans se trouve aussi un peu dans une situation similaire à celle de Sanofi-Aventis face à l‘américain Genzyme, c‘est-à-dire avec un prix de départ qui ne fait pas l‘unanimité et sans assurance qu‘un concurrent ne pointera pas son nez.

Si le fabricant italien de câbles Prysmian a démenti les spéculations selon lesquelles il pourrait faire une contre-offre dans le sillage de son mariage manqué avec Draka en 2009, des analystes comme ceux de JP Morgan évoquent la possibilité d‘une intervention de concurrents de Corée ou du Japon.

D‘autres analystes français jugent que Nexans n‘a pas forcément intérêt à se lancer dans une bataille boursière car cette acquisition ne revêt pas une importance stratégique cruciale, même si elle lui permet de devenir l‘un des acteurs de la consolidation d‘un secteur qui reste relativement morcelé.

S‘il est prêt à se donner les moyens de réussir l‘opération, en envisageant une possible augmentation de capital selon une source proche du dossier, Nexans ne gardera d‘agir dans la précipitation.

La source a ajouté à Reuters que l‘offre ne serait pas lancée avant la fin du premier trimestre 2011.

Avec Blaise Robinson édité par Dominique Rodriguez

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