La fraude immatérielle en entreprise dépasse les vols physiques

lundi 18 octobre 2010 20h31
 

LONDRES (Reuters) - Les pertes liées aux vols de données électroniques dans les entreprises dépassent pour la première fois celles liées aux vols de biens matériels, montre un rapport annuel consacré aux évolutions de la fraude internationale publié lundi.

L'enquête, réalisée auprès de 800 hauts dirigeants d'entreprise à travers le monde, montre que cette évolution concernant la fraude immatérielle dissuade de nombreuses sociétés de développer leurs activités sur certains marchés porteurs émergents.

Le rapport du cabinet Kroll spécialisé dans l'évaluation des risques révèle que la fraude est passée de 1,4 million de dollars en 2009 à 1,7 million pour chaque milliard de dollars de ventes réalisées dans le monde.

"Le niveau de la fraude repose sur les occasions plus que tout autre chose", explique Tommy Helsby, président de Kroll pour l'Europe, le Proche-Orient et l'Afrique. "De plus en plus de travail est effectué de manière électronique et cela crée de nouvelles occasions de fraude. Les entreprises ont besoin de temps pour s'adapter", a-t-il poursuivi.

Dans la majorité des cas, les vols sont le fait d'employés et certains pays sont particulièrement affectés par ce phénomène. La Chine arrive en tête du classement avec 98% des entreprises concernées devant la Colombie (94%) et le Brésil (90%).

Les précédents rapports montraient que les vols d'argent, de biens et de stocks constituaient les formes les plus répandues de fraude. En 2010, les vols liés à l'électronique représentent 27,3% des pertes engendrées par les activités frauduleuses contre 27,2% pour les vols physiques.

Les sociétés de services et en particulier les institutions financières sont les plus touchées devant les entreprises technologiques, les médias et les sociétés de télécommunication.

Selon Tommy Helsby, "cela va du simple vol au risque de dommages en termes de réputation si l'entreprise perd des données de clients. Cela peut en soi constituer une menace pour l'existence de l'activité" de l'entreprise, ajoute-t-il.

La moitié des responsables interrogés ont reconnu que la crainte de vols les avait dissuadés de développer leurs activités dans au moins un pays, en particulier en Chine, en Afrique et en Amérique latine.

Peter Apps, Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser