Les opérateurs jouent leurs marges avec le "quadruple play"

lundi 4 octobre 2010 14h43
 

par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - La poussée d'offres de téléphonie tout inclus et moins chères visant à fidéliser des clients de plus en plus courtisés pourrait se retourner contre les opérateurs télécoms français et entamer leur rentabilité, estiment des spécialistes et des dirigeants du secteur.

Poussés par l'entrée réussie de Bouygues Telecom dans le fixe et anticipant l'arrivée du quatrième opérateur Free Mobile, les deux leaders du marché Orange et SFR ont, dans un élan défensif, lancé ce type de bouquet "quadruple play" cet été.

Ailleurs en Europe, le suédois TeliaSonera, le britannique Virgin Media, le belge Belgacom et l'italien Wind sont parmi les rares opérateurs à lancer ce type de produit, mais le marché français, pionnier européen du "triple play" - fixe, télévision et internet - devance de nouveau ses voisins.

"Plusieurs opérateurs ne veulent pas lancer de 'quadruple play' de peur de mettre en péril leurs cash flows, mais ils vont être obligés de s'y mettre avec l'intensification de la concurrence", explique John Strand, un consultant indépendant spécialisé dans les télécoms.

Les risques financiers sont considérables puisque ce type d'offre, qui inclut également la téléphonie mobile, tire les prix des abonnements mobiles à la baisse.

Or, France Télécom a généré près du tiers de son résultat opérationnel l'an dernier grâce à son activité mobile en France. Chez SFR, la marge d'Ebitda du mobile est près du double de celle du fixe, et cette division génère plus de 80% du résultat opérationnel du groupe.

Les opérateurs relèvent néanmoins le défi de telles offres englobantes dans l'espoir d'attirer les abonnés des concurrents avec des promesses de rabais, qu'ils évaluent en moyenne entre 15 et 30 euros pour une facture mensuelle.

"On dit 'quadruple play' aujourd'hui, hier on disait 'triple' et demain on dira 'quintuple' (...) Ca fait partie de l'approche des opérateurs visant à améliorer la fidélité et à réduire le (taux de désabonnement)", résume Thomas Husson, analyste chez Forrester.   Suite...

 
<p>Selon des sp&eacute;cialistes et des dirigeants du secteur, la pouss&eacute;e d'offres de t&eacute;l&eacute;phonie tout inclus et moins ch&egrave;res visant &agrave; fid&eacute;liser des clients de plus en plus courtis&eacute;s pourrait se retourner contre les op&eacute;rateurs t&eacute;l&eacute;coms fran&ccedil;ais et entamer leur rentabilit&eacute;. /Photo d'archives/REUTERS/Hannibal Hanschke</p>