1 octobre 2010 / 11:07 / il y a 7 ans

Leo Apotheker, un outsider pour prendre les rênes de HP

<p>Le choix de Leo Apotheker, ancien patron du groupe allemand de logiciels SAP, comme nouveau directeur g&eacute;n&eacute;ral de Hewlett-Packard a pris de court Wall Street qui attendait plut&ocirc;t un v&eacute;t&eacute;ran de la Silicon Valley. /Photo d'archives/Mal Langsdon</p>

par Ritsuko Ando

NEW YORK (Reuters) - Le choix de Leo Apotheker, ancien patron du groupe allemand de logiciels SAP, comme nouveau directeur général de Hewlett-Packard a pris de court Wall Street qui attendait plutôt un vétéran de la Silicon Valley.

Jeudi soir après l'annonce de cette décision, l'action HP reculait de près 3%.

Mais ceux qui connaissent ce bon vivant de 57 ans capable de s'exprimer en cinq langues soulignent son sens des affaires, même si le bilan de ses réalisations est mitigé.

"Leo est un type très intelligent", estime Peter Goldmacher chez Cowen and Co.

A son actif, Leo Apotheker a la réalisation de la première grosse acquisition de SAP: le rachat pour 7,5 milliards de dollars du groupe Business Objects spécialisé dans les logiciels d'aide à la décision, finalisé en 2008.

Mais il s'est acquis la réputation d'être un homme distant qui a perdu le contact avec les salariés, les clients et les actionnaires. Surtout, son départ brutal de SAP en février sous la pression des actionnaires est resté dans les esprits.

Sous sa houlette - Leo Apotheker a été nommé coprésident du directoire de SAP avec Henning Kagermann en avril 2008 pour occuper seul ce poste après le départ de ce dernier en 2009 - SAP a tenté d'imposer une hausse des prix pour ensuite rebrousser chemin après les plaintes d'un grand nombre de clients.

A l'époque, il lui avait été reproché de ne pas avoir su expliquer comment soutenir la concurrence des géants américains International Business Machines ou Oracle. Il n'avait finalement pas pu endiguer la baisse du chiffre d'affaires de SAP.

PLUS HOMME D'AFFAIRES QU'INGÉNIEUR

Et en janvier 2009, il avait dû assumer la première grosse vague de suppressions d'emplois - 3.000 postes - chez SAP.

Kim Caughey, analyste chez Fort Pitt Capital, n'est pas convaincu du choix de Leo Apotheker pour diriger HP, un groupe de plus de 300.000 personnes surtout présent dans les machines, à la fois les ordinateurs personnels, les serveurs et les imprimantes, mais aussi dans les services informatiques.

"SAP est une société très différente de HP et c'est ma principale préoccupation", dit Kim Caughey. "La taille de SAP est très différente, également en terme de clientèle. Que connaît-il des matériels ? C'est la question."

Pour trouver son nouvel homme fort, le conseil d'administration de HP a poussé très loin ses recherches. Il a même approché deux hauts dirigeants d'IBM.

L'ascension de Leo Apotheker à la tête de SAP avait également été quelque peu inattendue : il était le premier dirigeant du groupe à ne pas être capable de rédiger un code logiciel.

Apotheker, qui a étudié les relations internationales et l'économie à l'université hébraïque de Jérusalem, est considéré davantage comme un homme d'affaires qu'un ingénieur. Né en Allemagne, à Aix-la-Chapelle, de parents rescapés de la Shoah, il parle couramment l'allemand, l'anglais, le français, le néerlandais et l'hébreu.

SURNOMMÉ "LE TYRAN"

Dans un entretien à Reuters, Leo Apotheker dit vouloir se concentrer sur l'innovation et la croissance. Il admet le défi à relever avec un groupe aussi gros que HP - 130 milliards de dollars de chiffre d'affaires - mais souligne le "talent" de l'équipe de direction.

"On n'en a jamais fini avec l'efficacité et, chez HP, on continuera à aller vers l'efficacité. Mais nous voulons aussi continuer à mettre un vrai accent sur la croissance. Aussi nous ferons les deux", a déclaré cet amateur de théâtre et de bonne chair.

Lors de son départ de SAP, les analystes de la banque danoise Jyske avaient écrit : "Leo Apotheker a eu de temps à autre une tendance à l'arrogance (...) ce qui a accru ses difficultés à faire passer son message."

Au travail, Leo Apotheker était surnommé "le tyran", indique un ancien collègue qui a requis l'anonymat. "Il a semblé arrogant à beaucoup de gens parce qu'il n'acceptait pas les imbéciles de bon coeur."

"Il plaçait la barre haut. Cela stressait ceux qui avaient été habitués au statu quo mais il donnait toujours une seconde chance."

Cette attitude pourrait se retourner contre lui chez HP, où les actionnaires et les salariés ont du mal à se remettre de deux départs difficiles en cinq ans.

Son prédécesseur, Mark Hurd, a dû quitter le groupe en août après s'être vu reprocher d'avoir falsifié des notes de frais pour dissimuler une "relation personnelle proche" avec une femme travaillant pour un sous-traitant.

Juste avant Mark Hurd, Carly Fiorina avait été évincée en 2005 par un conseil d'administration mécontent des résultats irréguliers du constructeur informatique.

A la différence de ce qui s'est passé en 2005, quand Mark Hurd avait pris la tête d'un groupe en plein désarroi, Leo Apotheker prend les commandes d'une société bien gérée dont les actionnaires ne se satisferont pas de simples suppressions de coûts.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below