27 septembre 2010 / 08:55 / il y a 7 ans

Un important réseau de cybercriminels démantelé en France

<p>Un r&eacute;seau de "cybercriminels" soup&ccedil;onn&eacute; d'avoir revendu en masse des codes confidentiels servant &agrave; d&eacute;bloquer des t&eacute;l&eacute;phones portables a &eacute;t&eacute; d&eacute;mantel&eacute; par les gendarmes marseillais, a-t-on appris lundi de source judiciaire. Neuf personnes ont &eacute;t&eacute; interpell&eacute;es en Bretagne, dans le Nord de la France, dans le Var et dans la r&eacute;gion parisienne. /Photo d'archives/Christian Hartmann</p>

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Un réseau de cybercriminels soupçonnés d'avoir revendu en masse des codes confidentiels servant à débloquer des téléphones portables a été démantelé par les gendarmes marseillais.

Neuf personnes ont été interpellées en Bretagne, dans le nord de la France, dans le Var et dans la région parisienne.

"C'est l'une des plus belles et des plus grosses affaires de cybercriminalité identifiée à ce jour par le mode opératoire, les sommes en cause, le nombre de personnes impliquées, son caractère national et international", a résumé lundi le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, lors d'une conférence de presse.

Les trois principaux opérateurs français de téléphonie mobile, Orange, Bouygues et SFR, ont été touchés par cette fraude qui pourrait aussi concerner les constructeurs de téléphone et des opérateurs étrangers, notamment européens.

"Il n'y a pas de faille chez les opérateurs mais des agents corrompus chez les sous-traitants et les constructeurs", a précisé le chef de la cellule nouvelles technologies de la Section de recherches de Marseille, Philippe Lajeunesse.

Les pirates du net se procuraient les informations sur les codes secrets dits de déblocage des portables auprès de salariés des constructeurs ou de boutiques de téléphonie mobile. Ils les commercialisaient ensuite sur internet au prix d'environ 30 euros l'unité.

"Chaque source interpellée, on en a au moins six, sortait au minimum une centaine de codes par jour. On estime la fraude à 30.000 déblocages par mois", a précisé l'adjudant-chef Lajeunesse.

UN FRÈRE ET SA SOEUR À LA TÊTE DU RÉSEAU

A Toulon, un site internet créé par un ingénieur informaticien comptait une base de 100.000 clients.

Les enquêteurs ont ainsi chiffré à 500.000 euros par mois et par opérateur les profits des pirates, soit plusieurs millions d'euros, dont la grande majorité a approvisionné des comptes bancaires au Luxembourg, aux Etats-Unis et dans des paradis fiscaux.

Trois suspects étaient lundi en cours de présentation devant le juge marseillais Franck Landou sur la base d'une information judiciaire pour "vol et recel en bande organisée, atteinte aux systèmes automatisés de traitement des données, abus de confiance et recel, association de malfaiteurs".

Il s'agit notamment d'un frère et d'une soeur âgés d'une trentaine d'années qui ont été arrêtés en Bretagne dans la région de Rennes où ils dirigeaient une boutique de téléphonie mobile. Ils sont soupçonnés d'être les cerveaux du réseau.

Six autres personnes doivent être déférées ultérieurement. Les enquêteurs n'excluent pas de nouvelles interpellations.

L'enquête menée par les gendarmes de la Section de recherches de Marseille était ouverte depuis près d'un an à la suite d'une plainte de l'opérateur SFR en octobre 2009.

"C'est une fraude souterraine difficile à cerner. On est sur une délinquance en col blanc qui, par les fonds dégagés, peut intéresser la grande criminalité", a expliqué le colonel Jacques Diacono, commandant la Section de recherches de Marseille.

"C'est moins spectaculaires que les braquages mais cela rapporte autant avec des risques pénaux moindres", a-t-il dit.

Une partie de ceux qui cherchaient à se procurer les codes étaient des personnes désireuses de changer d'opérateur pendant les six premiers mois de leur contrat.

Les autres sont des fraudeurs qui écoulaient notamment les codes pour alimenter le marché des téléphones volés, en France et à l'étranger.

Edité par Patrick Vignal

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