L'industrie nucléaire iranienne, cible d'un virus informatique ?

vendredi 24 septembre 2010 16h59
 

par William Maclean

LONDRES (Reuters) - L'Iran semble être la cible prioritaire du virus informatique Stuxnet, qui s'attaque à des systèmes industriels, et son efficacité laisse supposer l'implication d'un Etat dans sa mise au point, selon un expert américain.

Près des deux tiers des ordinateurs infectés se trouvent en République islamique, note Kevin Hogan, responsable de la sécurité pour la firme américaine Symantec.

Ses propos, recueillis par Reuters, viennent s'ajouter à ceux de plusieurs experts, selon lesquels Stuxnet, vecteur d'une opération d'espionnage ou de sabotage mise en oeuvre avec l'appui d'un pays, vise spécifiquement la centrale nucléaire de Bouchehr, première du genre en Iran.

"Il est assez clair, sur la base de l'évolution de l'infection, que ces installations iraniennes sont visées", dit Kevin Hogan, jugeant toutefois impossible de déterminer précisément la cible, qui pourrait aussi bien être une raffinerie, qu'une station d'épuration ou une usine quelconque.

"SUPER-ARME NUMÉRIQUE"

Une chose est sûre, dit-il, les créateurs du virus, qui s'attaque spécifiquement à un système de contrôle des installations techniques mis au point par Siemens et très répandu dans l'industrie, disposent de ressources importantes.

"On ne peut pas exclure (l'implication d'un Etat). Sur la base de ces ressources, de l'organisation et des connaissances détaillées dans divers domaines, dont celui des installations iraniennes, que cela implique, ce doit être un Etat ou un acteur privé ayant accès à des systèmes étatiques", conclut l'expert.

Siemens et des scientifiques français ont collaboré à la conception de la centrale de Bouchehr, dans les années 1970. La Révolution islamique de 1979 a depuis changé la donne et le chantier a été repris par la Russie.   Suite...