September 16, 2010 / 5:18 PM / 7 years ago

Axel Springer a mis son pied dans la porte de SeLoger.com

4 MINUTES DE LECTURE

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Axel Springer, propriétaire du tabloïd allemand Bild, a réussi à mettre son pied dans la porte de SeLoger.com en rachetant à des actionnaires historiques 12,4% du groupe de petites annonces immobilières à ses fondateurs.

Que son offre publique d'achat à 34 euros réussisse ou pas, cette participation fait de lui un acteur avec qui il faudra désormais compter, jugent de nombreux observateurs.

"Il est dans la place", concède une source proche d'un actionnaire minoritaire qui juge l'offre de l'Allemand insuffisante.

Des spécialistes des fusions-acquisitions soulignent que cette prise de participation rend une contre-offre et l'irruption d'un chevalier blanc un peu plus improbable que ne le suggère à première vue le cours de Bourse de Seloger.com.

L'action a clôturé jeudi à 37,80 euros, soit plus de 10% que le prix proposé par Axel Springer.

"Une contre-offre n'est pas à écarter même si elle parait plus difficile avec les 12,4% que détient maintenant Springer dans le groupe", indique Claire Ariche, une analyste spécialisée dans les situations de fusions-acquisitions chez le courtier anglo-saxon Cantor.

À PARTIR DE LA C'EST DU POKER

"D'ailleurs, l'offre actuelle sur SeLoger.com n'est pas conditionnelle à un minimum d'acceptation", note encore l'analyste qui pense que l'Allemand pourrait se contenter d'une participation minoritaire pour le moment.

"Axel Springer a l'habitude de prendre le contrôle sur le long terme, par étape", explique-t-elle également.

D'autres observateurs doutent également qu'un fonds d'investissement ou un concurrent prenne le risque de lancer une offensive et de se retrouver à la fin de la bataille avec un actionnaire minoritaire comme Axel Springer.

"A partir de là c'est un peu du poker", résume un avocat d'affaires qui note que le climat économique et financier actuel n'est pas propice aux grandes prises de risques.

Certains courtiers comme Arkeon Finance conseillent même à leurs clients de vendre leurs actions entre 38 et 40 euros, jugeant la possibilité d'une offre supérieure peu probable.

"En définitive, cette fenêtre de cours stabilisée après le mouvement de spéculation sur le titre, nous semble être l'opportunité d'un désengagement du dossier", notent ses analystes.

"Je ne crois pas tellement à une contre-offre sur Seloger", indique Thibaut De Smedt, directeur associé à la banque d'affaires Bryan Garnier qui juge plus probable un accord à l'amiable entre l'entreprise française et l'éditeur allemand et un relèvement de l'offre.

Axel Springer a d'ailleurs indiqué dans une déclaration à l'Autorité des marchés financiers qu'un relèvement de son offre ne pouvait être exclu.

Les autres actionnaires du groupe ont néanmoins montré et démontré pour certains d'entre eux qu'ils ne comptaient pas laisser la voie libre à Axel Springer à ce prix là.

La société australienne Caledonia Private Investment a ainsi franchi en hausse le seuil de 10% du capital de SeLoger.com en achetant des titres au dessus de 37 euros.

Avec la contribution de Juliette Rouillon, édité par Jean-Michel Bélot

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