15 septembre 2010 / 16:17 / il y a 7 ans

Le "triple play" pas forcément plus cher pour l'abonné

<p>La ministre de l'Economie Christine Lagarde a confirm&eacute; dans une interview au Figaro mercredi que ces offres seraient "d&eacute;sormais soumises au taux normal de TVA, alors qu'elles b&eacute;n&eacute;ficiaient jusqu'&agrave; pr&eacute;sent du taux r&eacute;duit de 5,5% pour la moiti&eacute; de leur montant", celui correspondant &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision. /Photo prise le 3 septembre 2010/Philippe Wojazer</p>

par Marie Mawad

PARIS (Reuters) - Certains opérateurs télécoms relèveront le prix de leurs offres de téléphonie "triple play" pour répercuter le surplus de taxation décidé par Bercy, mais d'autres pourraient créer la surprise en maintenant leurs tarifs pour séduire des abonnés, disent des analystes.

Fixé à environ 30 euros depuis 2002, le prix d'une offre regroupant téléphone, internet et télévision augmenterait jusqu'à 35 euros, disent des spécialistes, car des opérateurs et fournisseurs d'accès à internet (FAI) sont susceptibles de profiter du dégel pour se reconstituer une marge de manoeuvre.

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a confirmé dans une interview au Figaro mercredi que ces offres seraient "désormais soumises au taux normal de TVA, alors qu'elles bénéficiaient jusqu'à présent du taux réduit de 5,5% pour la moitié de leur montant", celui correspondant à la télévision.

"Tous les FAI devraient repasser ce coût au consommateur via une hausse de l'abonnement, dont le prix de référence n'a pas évolué depuis des années et ressort comme l'un des plus bas d'Europe", résume Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James.

"Il est même envisageable qu'ils utilisent l'excuse de la décision gouvernementale pour arrondir le montant de la hausse", ajoute-t-il.

Tous les opérateurs ne sont toutefois pas logés à la même enseigne face à une augmentation de la taxe. Il se peut que seuls certains d'entre eux la répercutent, tandis que d'autres opteront pour un maintien des prix ou une augmentation partielle, juge Hannes Wittig, analyste chez JPMorgan.

Si France Télécom, SFR (groupe Vivendi), Bouygues Telecom et Iliad ne répercutent pas cette hausse, cela pourrait représenter un manque à gagner d'une centaine de millions d'euros de profit opérationnel en moyenne pour chacun, soulignent des analystes.

ÉVENTUELLE OPPORTUNITÉ POUR BOUYGUES

Sans répercussion, la hausse de la TVA se traduirait en moyenne par une amputation du résultat opérationnel de l'ordre de 200 millions d'euros pour France Télécom, le leader du marché, de 100 millions pour Iliad et SFR, et de moins de 30 millions pour Bouygues, sur la base d'estimations d'analystes.

Ceci représente seulement entre 1% et 3% de l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) de l'opérateur historique, de SFR ou de Bouygues Telecom, mais jusqu'à 15% pour Iliad, le propriétaire des marques Free et Alice, sur la base des résultats publiés pour 2009.

Des relèvements de tarifs pourraient cependant être malaisés dans un marché très concurrentiel où les prix ont jusqu'à présent été tirés à la baisse, estime Goldman Sachs.

Des analystes estiment aussi que Bouygues, qui a fait son entrée dans le fixe en mai 2008 en lançant le premier "quadruple play" - fixe, internet, télévision et mobile - français, dispose d'une base de clients encore limitée dans la téléphonie fixe et aurait donc peu à perdre en maintenant ses prix pour être plus attractif que la concurrence.

"Nous verrons dans quelle mesure on répercutera ces effets sur nos clients. On est quand même dans un milieu très compétitif, donc on ne peut pas faire n'importe quoi", déclarait Martin Bouygues, le PDG de Bouygues, au début septembre, lors de la présentation des comptes semestriels du groupe aux analystes.

Les analystes peinent en revanche à anticiper la réaction de SFR, l'autre challenger de France Télécom sur ce segment.

La plupart des groupes de télécoms français n'ont pas encore indiqué clairement ce qu'ils comptaient faire, préférant attendre l'annonce du gouvernement dans le cadre du projet de loi de Finances pour 2011 qui doit être présenté fin septembre en conseil des ministres.

Iliad, pour qui l'enjeu est de taille, a pour sa part été l'un des premiers à réagir à l'idée d'une hausse de la taxation. "Les opérateurs ne pourront pas éviter de répercuter une éventuelle augmentation de la TVA", avait déclaré dès fin août Maxime Lombardini, son directeur général.

UN "TRIPLE PLAY" À 35, VOIRE 38 EUROS

La Fédération française des télécoms, qui représente un groupement d'opérateurs français, se dit opposée à cette taxe et compte faire valoir ce point de vue auprès des autorités françaises.

"Naturellement, une TVA est faite pour s'appliquer au client final", rappelle son directeur général Yves Le Mouël, sans être toutefois en mesure de préciser si cette éventuelle hausse de taxation sera ou non répercutée dans le prix.

A l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, Édouard Barreiro, chargé de mission sur les technologies de l'information, craint néanmoins qu'une modification du prix du "triple play", devenu un standard dans le secteur, n'ouvre la voie à une multiplication des offres.

Il en résulterait une comparaison plus difficile pour le consommateur et, au final, ces offres s'avéreraient beaucoup plus chères, fait-il valoir.

"On est contre l'augmentation de la taxe. Le risque que les prix dérapent est important", dit-il, citant des niveaux de prix allant jusqu'à 32, 35, voire même 38 euros.

Avec Leila Abboud, édité par Dominique Rodriguez

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