13 août 2010 / 05:30 / il y a 7 ans

L'Inde s'attaque au BlackBerry mais aussi à Google et Skype

<p>L'Inde, qui veut contr&ocirc;ler les services du BlackBerry, menace &eacute;galement de fermer les services de messagerie de Google et de Skype pour des raisons de s&eacute;curit&eacute; nationale. /Photo prise le 12 ao&ucirc;t 2010/Rupak De Chowdhuri</p>

par Bappa Majumdar et Devidutta Tripathy

NEW DELHI (Reuters) - L'Inde prendra les mesures nécessaires pour sécuriser les réseaux de télécommunication sur son territoire et visera toutes les entreprises concernées, a indiqué une source gouvernementale.

Les groupes pour l'instant visés incluent Research in Motion (RIM), Google et Skype. Selon New Delhi, le Canadien RIM va répondre la semaine prochaine aux demandes du gouvernement.

Le groupe, qui produit le "smartphone" BlackBerry, a jusqu'au 31 août pour se conformer aux demandes de New Delhi, qui souhaite obtenir le moyen de rendre lisible les données cryptées de son réseau, sous peine d'une coupure du service.

Selon une source au sein du gouvernement, RIM a annoncé qu'il fournirait dans le courant de la semaine prochaine les solutions techniques demandées par l'Inde.

"Ils ont assuré qu'ils fourniraient la semaine prochaine une solution technique pour la messagerie instantanée et la messagerie d'entreprise. Nos services techniques vont vérifier que cela fonctionne", a déclaré cette source.

Les autorités indiennes avancent comme argument que ces systèmes, qu'elle ne peut pour l'instant surveiller, peuvent aider à organiser des attaques telles que celle qui a fait 166 morts en 2008 à Bombay.

"Dès lors qu'il y aura une inquiétude vis-à-vis de la sécurité nationale, le gouvernement demandera l'accès. Tous les pays ont le droit de pratiquer des écoutes légales", a déclaré à Reuters un haut responsable de la sécurité intérieure indienne, qui a souhaité ne pas être identifié.

GOOGLE ET SKYPE ÉGALEMENT VISÉS

L'Inde menace également de fermer les services de messagerie de Google et de Skype pour des raisons de sécurité nationale, rapportait vendredi matin le Financial Times.

Le quotidien cite des extraits du procès-verbal d'une réunion entre des responsables des services de sécurité du ministère indien des Télécommunications et des représentants des opérateurs de l'internet le 12 juillet.

L'objectif de cette réunion était d'examiner les solutions envisageables pour "intercepter et contrôler" les communications cryptées.

"Il y avait un consensus pour examiner des solutions concernant plusieurs types de services. Parmi ces services, il y a BlackBerry, Skype et Google", peut-on lire dans le procès-verbal. "Il a été décidé de s'attaquer d'abord au problème du BlackBerry et ensuite à celui des autres services".

En posant jeudi ses exigences en matière de sécurité, le gouvernement indien imitait ceux d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Liban et d'Algérie.

La demande indienne intervient après la conclusion d'un accord entre l'Arabie saoudite et RIM qui a accepté de fournir les codes d'utilisateur de la messagerie instantanée du BlackBerry.

"Lors de la dernière réunion consacrée à la sécurité, les discussions ont porté sur le BlackBerry. Mais il a également beaucoup été question de Skype et de Google", a dit Rajesh Chharia, président de l'association indienne des fournisseurs d'accès à internet.

Une interruption du service BlackBerry affecterait un million d'utilisateurs de "smartphones" en Inde sur un parc estimé à 41 millions d'appareils. L'Inde constitue l'un des marchés les plus porteurs pour RIM.

Pierre Sérisier et Gregory Schwartz pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below