Une décision de justice ravive le débat sur le contrôle du web

mardi 10 août 2010 19h43
 

Par Vincent Chauvet

PARIS (Reuters) - La condamnation des fournisseurs d'accès à internet (FAI) français à bloquer certains sites relance la polémique sur le contrôle d'Internet et la possibilité d'un web à deux vitesses, dans un débat où sécurité, liberté et rentabilité semblent s'opposer.

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris a contraint vendredi les FAI - dont Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free - à bloquer l'accès aux sites de jeux non homologués par l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel).

Ce jugement inédit pourrait entraîner des décisions similaires contre les sites illégaux de partage de films et de musique, ce que dénoncent les associations de défense des internautes.

"Cette décision ouvre la voie à la mise en oeuvre chez les opérateurs d'une véritable infrastructure de censure du Net", a déclaré à Reuters le porte-parole de La Quadrature du Net, Jérémie Zimmermann.

Le débat devrait se poursuivre, alors que l'Hadopi, autorité administrative de lutte contre le téléchargement illégal, est devenue opérationnelle fin juillet, et que la loi d'orientation sur la sécurité intérieure (Loppsi) qui prévoit le blocage des sites pédopornographiques, doit être examinée à la rentrée.

Il risque également de remettre en question la notion de "neutralité de l'internet", qui renvoie à l'égalité de traitement accordée à toutes les données transitant sur le réseau, que ce soit au niveau de la vitesse de connexion ou des éventuels filtres appliqués au contenu.

LIBERTÉ DE CHOIX

"Ce serait un peu comme si le constructeur de voitures décidait pour nous de l'endroit où passer nos vacances, parce que la route y conduisant serait plus rapide", a expliqué à Reuters Patrice Lamothe, P-DG de la start-up parisienne Pearltrees. "C'est avant tout une question de liberté de choix individuel."   Suite...

 
<p>La condamnation des fournisseurs d'acc&egrave;s &agrave; internet (FAI) fran&ccedil;ais &agrave; bloquer certains sites relance la pol&eacute;mique sur le contr&ocirc;le d'Internet et la possibilit&eacute; d'un web &agrave; deux vitesses, dans un d&eacute;bat o&ugrave; s&eacute;curit&eacute;, libert&eacute; et rentabilit&eacute; semblent s'opposer. /Photo d'archives/REUTERS</p>