August 9, 2010 / 3:37 PM / 7 years ago

France Télécom vise le Maroc, tremplin dans les émergents

6 MINUTES DE LECTURE

<p>France T&eacute;l&eacute;com confirme &ecirc;tre en discussions avec les actionnaires de Meditel, le deuxi&egrave;me op&eacute;rateur t&eacute;l&eacute;coms marocain, pour &eacute;tudier un partenariat industriel. /Photo d'archives/R&eacute;gis Duvignau</p>

par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - France Télécom et Meditel pourraient annoncer prochainement l'ouverture de négociations exclusives sur une prise de participation du groupe français au capital de l'opérateur marocain, déclarent à Reuters des sources proches du dossier.

L'opérateur français pourrait ainsi donner le coup d'envoi de son plan d'expansion de cinq à sept milliards d'euros dans les pays émergents, alors qu'il veut doubler ses revenus dans ces marchés d'ici à 2015, en mettant l'accent sur l'Afrique et le Moyen-Orient.

Une éventuelle opération sur Meditel, deuxième opérateur télécoms du Maroc derrière Maroc Telecom, filiale de Vivendi, serait surveillée par le marché car elle donnerait une grille de lecture sur la stratégie d'acquisition de France Télécom, disent des analystes.

Avec Meditel, France Télécom éviterait une opération qui serait jugée trop grosse ou risquée, mais ferait son entrée sur un marché dont la croissance, quoique toujours élevée, commence à ralentir, ajoutent-ils.

"Je ne suis pas sûr que le Maroc soit à ce point un beau marché. Mais France Télécom a déjà la Tunisie, l'Egypte... C'est logique qu'il regarde le Maroc pour consolider sa position géographique", a jugé un analyste basé à Paris.

Le montant de 650 millions d'euros évoqué dans la presse pour racheter 40% de Meditel paraît réaliste, selon plusieurs analystes, et fait ressortir une valorisation dans le haut de la fourchette des moyennes historiques du secteur, sur fond de raréfaction des cibles intéressantes dans les télécoms émergents.

France Télécom a confirmé lundi être en discussions avec les deux actionnaires de Meditel, CDG et FinanceCom, pour étudier un partenariat industriel.

Des sources proches du dossier ont indiqué à Reuters que des négociations exclusives sur une entrée au capital de Meditel pourraient être annoncées ces prochains jours.

France Télécom a réalisé en 2009 un chiffre d'affaires de 3,4 milliards d'euros dans les marchés émergents, en croissance de 5,2% en données comparables, et une marge d'Ebitda de 42%. Il revendiquait 50 millions d'abonnés dans la zone regroupant l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie.

GÉOPOLITIQUE

Alors que le marché cherche une grille de lecture pour mieux comprendre la stratégie d'acquisitions de France Télécom, un éventuel rachat de Meditel ferait apparaître une logique de proximité géographique, linguistique et politique, disent des analystes.

L'intérêt financier d'une telle acquisition est toutefois moins évident, ajoutent-ils, citant notamment des perspectives de croissance moins rapides pour les télécoms marocains au cours des prochaines années.

"C'est dans une logique géopolitique. Il n'y a pas toujours de logique financière à ce type d'opération", commente un analyste.

"Telefonica et Portugal Telecom sont sortis tous les deux, il y avait des raisons à cela", ajoute-t-il.

L'espagnol Telefonica et le portugais Portugal Telecom, anciens actionnaires de Meditel, se sont désengagés l'an dernier du capital de l'opérateur marocain.

Leurs participations, de 32,2% chacune, ont été cédées aux groupe privé marocain FinanceCom et à la CDG, une holding d'investissement publique, pour un peu moins de 900 millions d'euros.

A environ 650 millions d'euros pour 40% du capital de Meditel, une éventuelle prise de participation de France Télécom ferait ressortir un ratio de l'ordre de 10 fois l'Ebitda.

Des opérations récentes dans le secteur et dans la région se sont faites à des ratios compris entre six et dix fois, soulignent des analystes.

"L'enjeu se situera au niveau du prix qu'acceptera de payer France Télécom. (L'opération) donnera en quelque sorte le 'la' de sa stratégie de fusion et acquisition future", juge un analyste de CM-CIC, dans une note.

Il estime qu'au-delà de 9 fois l'Ebitda, la création de valeur découlant d'une telle opération pourrait être remise en cause.

La probabilité de voir un concurrent européen surenchérir pour Meditel est jugée faible, mais le groupe Emirates Telecommunications (Etisalat), candidat malheureux à la reprise des parts de Telefonica et Portugal Telecom, s'est déclaré intéressé par le marché marocain et pourrait être sur les rangs, selon des analystes.

Etisalat n'a pas souhaité faire de commentaire.

Avec la contribution de Lamine Gahnmi à Rabat, Tamara Walid à Dubaï, édité par Dominique Rodriguez

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