Sécurité et cyberespionnage au coeur de l'affaire BlackBerry

vendredi 6 août 2010 16h57
 

par Peter Apps

LONDRES (Reuters) - Au nom de la sécurité nationale, plusieurs pays ont récemment demandé à Research in Motion (RIM), le fabricant canadien du BlackBerry, de leur permettre d'accéder aux données cryptées transitant sur les serveurs de ses téléphones.

L'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, invoquant notamment la lutte contre les islamistes, menacent de bloquer certains services de ce smartphone si leurs inquiétudes ne sont pas prises en compte. L'Inde, le Liban et l'Algérie ont également interpellé RIM pour faire part de leurs craintes.

Ces interventions illustrent le fossé qui ne cesse de se creuser entre le rêve d'un internet totalement libre et le souci des Etats de contrôler les échanges d'informations au nom de la lutte contre le terrorisme, un argument avancé également par n'importe quel gouvernement attaché à étouffer toute opposition.

"Cela fait partie d'une tendance plus générale", dit Jonathan Wood, analyste à l'agence de consultants Control Risks.

"Après les attentats du 11-Septembre, les pays occidentaux ont de plus en plus cherché à surveiller les communications électroniques au nom de la sécurité nationale. Aujourd'hui, d'autres pays veulent les imiter."

Un tel contrôle porte non seulement sur la surveillance politique mais aussi sur la vie des sociétés et l'"intelligence économique" qui régit les rapports commerciaux à travers le monde.

Au nom des principes démocratiques, la plupart des Etats affirment contrôler strictement l'autorisation des écoutes électroniques dans le respect des libertés fondamentales. Ce qui est souvent impossible à vérifier.

"Pour les entreprises occidentales, c'est un problème. On ne peut exclure que certaines informations confidentielles ainsi 'piratées' ne soient illégalement utilisées à des fins commerciales", dit Wood.   Suite...

 
<p>Saoudiennes voil&eacute;es t&eacute;l&eacute;phonant &agrave; l'aide de leur BlackBerry dans un centre commercial &agrave; Ryad. Au nom de la s&eacute;curit&eacute; nationale, plusieurs pays ont r&eacute;cemment demand&eacute; &agrave; Research in Motion (RIM), le fabricant canadien du BlackBerry, de leur permettre d'acc&eacute;der aux donn&eacute;es crypt&eacute;es transitant sur les serveurs de ses t&eacute;l&eacute;phones. /Photo prise le 5 ao&ucirc;t 2010/REUTERS/Fahad Shadeed</p>