La FTC met un terme aux accusations d'abus d'Intel

mercredi 4 août 2010 17h39
 

LOS ANGELES (Reuters) - Le groupe Intel s'est engagé à ne plus avoir recours à des menaces et à des prix groupés pour empêcher ses rivaux de placer leurs produits, ce qui permet au numéro un mondial des semi-conducteurs de mettre un terme aux accusations d'abus de monopole émises par la Federal Trade Commission (FTC), a annoncé l'organisme.

Intel a accepté de donner aux fabricants de produits complémentaires accès à ses unités centrales de traitement pour les six prochaines années.

L'accord vise ainsi à empêcher Intel de prendre des mesures à l'encontre des fabricants d'ordinateurs qui feraient affaires avec d'autres fournisseurs.

"Nous estimons que nous devrions commencer à voir apparaître très bientôt un paysage plus concurrentiel", explique le président de la FTC, Jon Leibowitz.

Le groupe, qui a nié enfreint les règles de la concurrence, a souligné que cet accord n'aurait aucun impact sur ses résultats financiers.

La FTC, l'un des deux principaux organismes de lutte antitrust aux Etats-Unis, accusait le groupe, qui fabrique 80% des microprocesseurs dans le monde, d'avoir illégalement abusé pendant dix ans de sa position dominante pour renforcer son quasi-monopole.

Le 21 juin dernier, la FTC et Intel s'étaient mis d'accord sur une première ébauche d'accord, sans en dévoiler les modalités. Une source avait affirmé à Reuters le mois dernier que ce texte limiterait la marge de manoeuvre d'Intel en terme de commercialisation de ses produits, mais qu'il n'impliquait pas de sanction financière.

La FTC reproche au groupe californien d'avoir tenté d'évincer ses concurrents du marché. De nombreuses associations et autorités antitrust, de même que ses concurrents Advanced Micro Devices (AMD) et Nvidia, l'avaient accusé d'enfreindre la loi pour conserver cette position dominante.

Intel s'est également attiré le mécontentement d'autres instances de régulation. La Commission européenne lui a ainsi infligé en mai dernier une amende record de 1,06 milliard d'euros pour avoir évincé de façon illégale son concurrent AMD. Intel a fait appel de cette décision.

Selon les experts, il y a peu de chances que la publication de l'accord soit à l'origine de changements significatifs.

Alex Dobuzinskis, Catherine Monin pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

 
<p>Le groupe Intel s'est engag&eacute; &agrave; ne plus avoir recours &agrave; des menaces et &agrave; des prix group&eacute;s pour emp&ecirc;cher ses rivaux de placer leurs produits, ce qui permet au num&eacute;ro un mondial des semi-conducteurs de mettre un terme aux accusations d'abus de monopole &eacute;mises par la Federal Trade Commission (FTC). /Photo d'archives/REUTERS/Robert Galbraith</p>