Le Québec entre au capital d'Ubisoft après la sortie d'EA

jeudi 22 juillet 2010 09h58
 

PARIS (Reuters) - La Société générale de financement du Québec (SGF) a indiqué jeudi avoir pris une participation de 4,5% au capital du géant français du jeu vidéo Ubisoft, une semaine après le départ de l'actionnaire principal, l'américain Electronic Arts (EA).

La vente des 15% que détenait EA dans le capital de l'entreprise française a suscité des spéculations quant à l'avenir capitalistique du groupe dont le premier actionnaire est dorénavant la famille Guillemot avec une participation de 11,3%.

Plusieurs noms d'investisseurs potentiels sont régulièrement cités comme le groupe Disney ou la filiale de jeux vidéo de Vivendi, Activision Blizzard.

La SGF a expliqué avoir investi environ 40 millions de dollars à cause de l'importance que revêt à ses yeux la présence du créateur des jeux à succès "Assassin's Creed" ou "Prince of Persia" dans la Belle Province.

"Le studio d'Ubisoft à Montréal est un pôle d'excellence reconnu mondialement notamment pour la création de concepts de jeux des plus innovateurs et pour l'expertise convoitée de ses employés", a déclaré le PDG de la SGF Pierre Shedleur dans un communiqué.

"Depuis son implantation au Québec en 1997, Ubisoft a créé 2300 emplois directs et 750 autres emplois indirects auprès de ses fournisseurs", a également précisé la SGF.

Cet investissement ne fait pas que des heureux chez certains actionnaires minoritaires car il est de nature à décourager

d'éventuels prédateurs, a déclaré jeudi un trader parisien à Reuters.

"Nous pensons que la prime spéculative aura du mal à se matérialiser avec cette prise de participation car les frères Guillemot avec la SGF contrôlent maintenant plus de 25% des droits de vote", a indiqué ce trader.

Le titre a perdu près d'un tiers de sa valeurs depuis le début de l'année et vaut actuellement 6,79 euros, ce qui lui donne une capitalisation boursière d'environ 640 millions d'euros.

Julien Ponthus, Juliette Rouillon et Blaise Robinson, édité par Matthieu Protard