July 21, 2010 / 1:20 PM / 7 years ago

Après le Mondial, le vrai test commence pour les paris en ligne

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Les joueurs ont afflu&eacute; sur les sites de paris en ligne l&eacute;galis&eacute;s d&eacute;but juin en France &agrave; l'occasion de la Coupe du monde, mais il reste &agrave; savoir s'ils resteront fid&egrave;les au moment de la reprise des championnats, notamment la Ligue 1./Photo prise le 8 mai 2010/Pascal Rossignol</p>

PARIS (Reuters) - Portés par l'engouement suscité par le Mondial, les joueurs ont afflué sur les sites de paris en ligne légalisés début juin en France, mais il reste à savoir s'ils leur resteront fidèles au moment de la reprise des grands championnats, notamment la Ligue 1 de football.

L'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) estime à 107 millions d'euros le montant total des mises au cours du premier mois sur les paris sportifs, dont 70% sur le football, avec une mise moyenne de dix euros.

Au PMU, un parieur a remporté 250 fois sa mise de deux euros après avoir prévu très exactement la victoire du Portugal sur la Corée du Nord sur un score de 7-0.

"On sait qu'il y a une masse de joueurs qui entrent pour parier sur ces gros évènements et ressortent tout de suite après", a expliqué à Reuters Isabelle Parize, vice-présidente de Mangas Gaming, maison-mère de Betclic, qui opérait déjà avant l'ouverture à la concurrence. "La question, c'est de savoir combien de gens vont rester et à quel niveau ils vont parier".

A ce jour, 17 opérateurs de paris et de jeux d'argent en ligne sont autorisés en France, parmi lesquels l'autrichien Bwin, EurosportBet (groupe TF1), Sajoo, coentreprise entre le groupe Amaury et Bwin, aux côtés des deux ex-monopoles, la Française des Jeux et le PMU.

Ils ont reçu un total de 25 agréments : dix pour les paris sportifs, dont 95% du marché était jusqu'à présent illégal, deux sur les paris hippiques en plus de PMU - qui détenait 80% du marché total - et 13 pour le marché du poker, qui était totalement illégal.

"On est loin d'avoir stabilisé le nombre d'agréments. On est plutôt, en quelques semaines, en ligne avec les estimations qu'on pouvait avoir du marché", a déclaré à Reuters Jean-François Vilotte, président de l'Arjel.

Il a ajouté qu'une partie de la vingtaine de demandes restantes pourrait être acceptée dès la semaine prochaine.

"Deux Fois Punis"

La France a compté au cours du premier mois d'ouverture du marché 1,2 million de joueurs actifs, à comparer à un marché illégal estimé avant l'ouverture à la concurrence à entre 2 et 2,5 millions de joueurs pour un total de 3,0 à 3,5 milliards d'euros de mises.

Les nouveaux entrants craignent de se retrouver pris en tenaille entre une fiscalité plus lourde qu'ailleurs et les cotes plus attractives des sites basés à l'étranger.

"Le risque est que nous soyons deux fois punis : une fois parce qu'on a une rentabilité inférieure, la deuxième fois parce que des gens continuent à parier sur les sites en '.com'", a dit Isabelle Parize, qui est également présidente de l'Ajeli (Association des opérateurs de jeux en ligne internationaux) regroupant Betclic, Bwin et Unibet.

L'Arjel a adressé des mises en demeure à 25 sites, une dizaine ont arrêté d'eux-mêmes leur activité et plusieurs dizaines d'autres dossiers sont en cours d'étude. L'autorité emploie une trentaine de personnes pour le contrôle des fraudes.

"Est-ce que ce sera suffisant pour arrêter ça ? J'en rêve. On va surveiller ça de très près", a observé Isabelle Parize.

Les opérateurs protestent contre le taux de retour au joueur - taux maximal de redistribution des mises - plafonné à 85% en France contre plus de 90% à l'étranger. Mais il se situe dans les faits entre 75% et 83% dans l'Hexagone selon des estimations de l'Arjel, qui précise qu'aucun des opérateurs n'a atteint le maximum.

Dans le secteur du poker, dont la légalisation a été repoussée à la fin juin après un recours de Malte auprès de la Commission européenne, le fait que les internautes ne puissent pas se confronter à des joueurs sur des sites en ".com" pourrait être fatal aux opérateurs n'ayant pas les reins assez solides.

"Cela va poser problème au secteur du poker si les marchés se ferment dans chaque pays. Cela détruit l'intérêt d'avoir un groupe de joueurs à travers l'Europe", a expliqué Lorien Pilling, du cabinet Global Betting & Gaming Consultants (GBGC).

GBGC estime que le produit brut des jeux (les mises moins les gains) des paris et du poker en ligne devrait avoir doublé en France entre 2009 et 2011, à 665 millions d'euros.

Quels que soient les obstacles d'une règlementation jugée plus tatillonne en France qu'ailleurs, les opérateurs n'avaient d'autres choix que de se positionner sur le marché dès son ouverture, a déclaré à Reuters Francis Merlin, directeur général du salon Monaco iGaming Exchanges qui se tiendra en octobre.

D'ici deux à trois ans, il ne devrait plus rester que quatre ou cinq opérateurs, rentables ou proches de l'être et avec une notoriété assise, a-t-il expliqué.

"Il y a encore des places à prendre. Après, il faudra chasser les autres pour se mettre à leur place", a-t-il résumé.

Edité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below