19 juillet 2010 / 17:39 / il y a 7 ans

Facebook se cherche des amis en Asie

<p>Le fondateur et P-DG de Facebook, Mark Zuckerberg. Le r&eacute;seau social, qui s'appr&ecirc;te &agrave; se lancer sur les march&eacute;s asiatiques, risque de se heurter aux volont&eacute;s de pr&eacute;server la vie priv&eacute;e en Cor&eacute;e du Sud et au Japon, ainsi qu'&agrave; la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; de la censure en Chine. /Photo prise le 26 mai 2010/Robert Galbraith</p>

par Melanie Lee et Yeo-Jung Chang

SHANGHAI/SEOUL (Reuters) - Alors qu'il s'apprête à se lancer sur les marchés asiatiques, le réseau social Facebook risque de se heurter aux volontés de préserver la vie privée en Corée du Sud et au Japon, ainsi qu'à la sévérité de la censure en Chine.

Le fondateur et P-DG du site, Mark Zuckerberg, prévoit pour Facebook une stratégie plus individualisée pour les trois principaux marchés d'internet en Asie, où il aura la difficile tâche de conquérir les terres de ses concurrents Mixi au Japon et Qzone en Chine.

Avec presque 500 millions d'inscrits, Facebook est d'ores et déjà un géant du réseau social, mais reste peu implanté en Asie, où il veut se développer pour compenser le tassement de sa croissance sur les marchés occidentaux.

"L'Asie est de première importance pour Facebook. La Chine abrite le plus grand nombre d'internautes, et le Japon arrive en tête en termes de masse monétaire", estime Atul Bagga, analyste en réseaux sociaux pour ThinkEquity, à San Francisco.

On compte aujourd'hui un million d'inscrits à Facebook au Japon et en Corée du Sud réunis. Le site est interdit en Chine.

En comparaison, Mixi compte quinze millions d'usagers, Cyworld, filiale de SK Communications et leader en Corée du Sud, plus de 25 millions, et le chinois Qzone, affilié à Tencent, atteint les 350 millions de membres.

VIE PRIVÉE ET CENSURE

Pour Facebook, qui s'est trouvé au coeur de plusieurs controverses sur le respect de la vie privée, la tâche sera peu aisée en Corée et au Japon, où les internautes ne badinent pas avec ces questions.

Selon les analystes, Mixi et Cyworld sont globalement fermés aux étrangers, car ils demandent pour s'inscrire soit un numéro de téléphone portable local, soit un numéro de carte d'identité.

"En Corée, des gens se sont plaints du fait que les services de Facebook ne sont pas assez adaptés au pays, ni très attractifs pour des usagers coréens", a commenté Hong Jong-gil, analyste chez Korea Investment & Securities.

Sur le marché chinois, fort de 420 millions d'internautes, le souci de la vie privée arrive en revanche loin derrière celui que les autorités nourrissent pour le contrôle de l'information.

Mais le marché potentiel est colossal: Tencent devrait tirer cette année 871 millions de dollars de ces services internet à valeur ajoutée, soit une hausse de 49% d'une année sur l'autre. La majeure partie de ces recettes devraient provenir de Qzone, selon les rapports d'analystes.

"La Chine est évidemment un énorme marché, mais pour avoir le droit d'y jouer, il faut se plier aux règles", souligne Wallace Cheung, de Crédit Suisse.

Et même si Facebook se soumet aux lois de Pékin, il ne sera pas pour autant à l'abri des problèmes qu'ont subis d'autres entreprises étrangères, comme eBay ou Yahoo, qui se sont retirées de Chine en raison de la rude concurrence des groupes locaux, forcément mieux au fait des attentes et des mentalités chinoises.

"On accuse souvent les règlementations lorsqu'une entreprise étrangère échoue à s'implanter en Chine, mais en vérité, c'est davantage la culture d'entreprise américaine qui est en cause", estime J.P. Gan, l'un des associés de Qiming Ventures, qui compte parmi ses investissements le réseau social chinois Kaixin001.

Au final, les meilleures chances d'un succès asiatique pour Facebook résident peut-être dans une association avec des partenaires locaux, que ce soit par une coentreprise ou par une fusion-acquisition, proposent des analystes.

"Sur de tels marchés et étant donné la valeur de Facebook, il est probablement préférable d'acheter que de construire", note Atul Bagga.

Avec Sachi Izumi à Tokyo et Yeo Jiwon à Séoul, Gregory Schwartz pour le service français, édité par Nicolas Delame

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