9 juillet 2010 / 09:33 / dans 7 ans

Le futur du secteur des médias sera fait de petites acquisitions

<p>Rupert Murdoch, P-DG du groupe de m&eacute;dias News Corp, pr&eacute;sent jeudi &agrave; la conf&eacute;rence de Sun Valley, dans le nord-ouest des Etats-Unis. Les dirigeants du secteur des m&eacute;dias et les financiers rassembl&eacute;s cette semaine dans la petite ville de l'Idaho devraient vraisemblablement exprimer leur pr&eacute;f&eacute;rence pour de petites acquisitions et des achats strat&eacute;giques plut&ocirc;t que des contrats faramineux de plusieurs milliards de dollars. /Photo prise le 8 juillet 2010/REUTERS/Mario Anzuoni</p>

par Yinka Adegoke

SUN VALLEY, Idaho (Reuters) - Les dirigeants de groupes de médias et les financiers rassemblés cette semaine à Sun Valley devraient vraisemblablement exprimer leur préférence pour de petites acquisitions et des achats stratégiques plutôt que des contrats faramineux de plusieurs milliards de dollars.

Des actifs médias isolés, telles que des chaînes de télévision, des stations de radios ou des journaux, figureront plus certainement en haut de leurs listes de courses que des acquisitions comparables au rachat l‘an dernier de NBC Universal par Comcast.

Cette transaction avait marqué l‘année 2009 dans le secteur des médias, et avait, à l‘image de nombreux autres rachats, été mise sur les rails lors de cette même conférence annuelle organisée par la banque d‘investissement Allen & Co.

Le banquier d‘investissement de BankStreet Scott Singer estime que l’édition de cette année pourrait être prise d‘une frénésie de discussions plus grande encore, considérant que les investisseurs disposent d‘un pactole proche de 500 milliards de dollars prêts à être investis.

“Du fait de structures capitalistiques inversées et d‘un rebond des investissements publicitaires tant nationaux que locaux, les réseaux télévisuels ainsi que radiophoniques sont des domaines pour lesquels les fonds privés d‘investissement ont intérêt à investir”, dit Scott Singer.

“Ces dispositions pourraient conduire à observer une activité significative de fusions et acquisitions dans les mois à venir.”

Les chaînes de télévision seront de toute évidence au coeur de l‘un des rares gros contrats susceptibles d’être conclus à Sun Valley, à savoir si le P-DG de Walt Disney Bob Iger est prêt à vendre ABC, pour un montant que les analystes évaluent à près de dix milliards de dollars.

“Les réseaux n‘ont jamais vraiment été gérés sérieusement ni tournés vers une rentabilité opérationnelle efficace”, argue Larry Gerbrandt, associé principal de Media Valuation Partners.

“Il n‘est pas inhabituel pour des fonds de capital-investissement de s‘intéresser à quelque chose s‘ils pensent arriver au plancher d‘un marché, de s‘emparer des actifs, d‘en restructurer les opérations, de le rendre nettement plus lucratif et de s‘en séparer à l‘occasion d‘une OPA ou en finissant par le revendre.”

C‘est ce qui pourrait arriver à ABC, estime-t-il.

PAS UNE QUESTION DE TAILLE

De nombreux géants des médias cherchent des acquisitions, indépendamment de la taille de la cible, qui permettraient à leurs structures de médias traditionnels de suivre la transition de leur clientèle vers divers supports numériques tels que les consoles de jeux ou les tablettes iPad.

Les dirigeants présents à Sun Valley devraient notamment discuter technologies mobiles et réseaux sociaux.

“L‘une des choses qui occupent nos discussions est de savoir quel intérêt porter à Facebook, Foursquare ou MySpace, à la sphère des réseaux sociaux”, a déclaré David Zavlav, P-DG de Discovery Communications, à son arrivée à la Sun Valley Lodge.

Dennis Miller, associé du fonds d‘investissements Spark Capital, explique que les patrons de médias traditionnels sont déchirés entre les opportunités que représentent les médias sociaux et le risque d‘un investissement inconsidéré.

“Ils sont tiraillés entre le constat des cicatrices laissées par la fusion AOL/Time Warner et le constat de surprise d‘un: ‘oh mon Dieu, mes consommateurs ne sont pas là où on les attendaient, il y a 450 millions de personnes sur Facebook’”, explique Dennis Miller.

Mais le secteur est-il vraiment en ébullition ?

Cette année, les transactions dans le domaine des médias mobiles et technologiques ont augmenté de 188%, selon le groupe de services aux investisseurs Jordan Edmiston. Ces chiffres intègrent de petites acquisitions menées par Apple, Yahoo, Google et Twitter.

“Vous verrez quelques acquisitions intermédiaires d‘entreprises du web dans l‘espoir qu‘elles les aident à suivre le mouvement et que l‘une d‘entre elles deviendra énorme. (Les investisseurs) placeront leur paris, mais de relativement petites mises”, avance Jonathan Knee, banquier d‘investissement chez Evercore Partners.

Toutes les acquisitions dans le secteur du numérique ne rempliront pas les espoirs de leurs investisseurs. Le rachat du réseau MySpace par News Corp en 2005 a pris des allures d‘enclume au cou de son P-DG Rupert Murdoch.

Non seulement MySpace a perdu du terrain sur ses concurrents Facebook et Twitter, et les spéculations sur une vente vont bon train. Jonathan Miller, patron des opérations numériques de la plate-forme sociale a néanmoins réaffirmé mercredi depuis Sun Valley, que le géant des médias n’était en discussion avec personne pour se débarrasser du réseau social et a qualifié les différents articles sur le sujet de “pures inventions”.

Avec Paul Thomasch et Alex Dobuzinskis, Patrice Mancino pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic

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