29 juin 2010 / 14:04 / il y a 7 ans

Google n'orientera plus systématiquement de Chine vers Hong Kong

<p>Le si&egrave;ge de Google Chine, &agrave; P&eacute;kin. Le moteur de recherche a annonc&eacute; qu'il ne redirigerait plus syst&eacute;matiquement les internautes chinois vers la version non censur&eacute;e de sa page d'accueil, bas&eacute;e &agrave; Hong Kong. Google esp&egrave;re ainsi assurer le renouvellement de sa licence d'exploitation en Chine, qui arrive &agrave; expiration mercredi. /Photo d'archives/David Gray</p>

par Melanie Lee et Emma Graham-Harrison

SHANGHAI/PEKIN (Reuters) - L'américain Google a annoncé qu'il ne redirigerait plus automatiquement les internautes chinois vers un portail non censuré de Hong Kong, dans le but de convaincre le gouvernement chinois de renouveler sa licence d'exploitation en Chine, premier marché mondial de l'internet.

La licence du moteur de recherche vient à échéance mercredi.

"Il apparaît clairement des conversations que nous avons eues avec les responsables du gouvernement chinois qu'ils estiment la réorientation inacceptable, et que, si nous continuons à rediriger les utilisateurs, notre licence de fournisseur de contenu internet (FCI) ne sera pas renouvelée", explique le directeur juridique de Google David Drummond sur son blog, dans un message écrit lundi soir aux Etats-Unis.

"Sans licence FCI, nous ne pouvons pas gérer de site web commercial du type Google.cn. De ce fait, Google deviendrait effectivement noir en Chine."

Désormais, les utilisateurs doivent cliquer sur la page Google.cn pour être redirigés sur le site de recherche de Google à Hong Kong, au lieu d'être automatiquement redirigés.

Google a fermé son site de recherche en Chine il y a trois mois et a commencé alors à réorienter le trafic vers un site de recherche à Hong Kong, non filtré, ce qui a suscité des commentaires acerbes de Pékin. Certains se sont demandés si le groupe américain allait pouvoir rester en Chine.

En janvier, Google avait indiqué qu'il pourrait quitter le pays pour des problèmes de censure des autorités chinoises.

La licence FCI est nécessaire pour tout site web voulant fonctionner en Chine. Elle est renouvelée chaque année par le ministère de l'Industrie et de l'Informatique. Certains dans le secteur soulignent que cette procédure est formelle et qu'il est très rare qu'une licence FCI soit supprimée au moment du renouvellement.

Google a déjà commencé à mener un petit nombre d'utilisateurs vers un site Google.cn offrant un lien vers Google.com.hk, plutôt que directement vers la page de Hong Kong.

Sur cette nouvelle page Google, s'affiche le logo Google en couleurs et une fenêtre de recherche dans lequel on peut inscrire sa recherche.

Dessous, figurent quelques messages en chinois disant "nous avons déjà déménagé sur google.com.hk" et "Sauvegardez SVP notre nouvelle adresse web."

En cliquant dans la fenêtre et un peu partout sur la page, on peut accéder au site de Hong Kong. Mais le moteur de recherche de Hong Kong n'offre pas toutefois aux internautes en Chine un total accès aux informations que le gouvernement chinois souhaite voir bloqués. Des pare-feux empêchent les connections vers de nombreux sites que Pékin n'approuve pas.

En outre, Google.hk.com est souvent indisponible de l'intérieur de la Chine.

Toutefois, l'opérateur China Mobile distribue des téléphones sophistiqués en Chine qui utilisent Android, le nouveau système d'exploitation de Google.

Selon Wallace Cheung, analyste au Crédit Suisse, Android deviendra un jour le système d'exploitation le plus populaire en Chine.

Mardi, le ministère chinois des Affaires étrangères s'est refusé à commenter la décision de Google de cesser la réorientation automatique.

Il est toutefois peu probable que Google ait pris sa décision sans avoir le feu vert, au moins tacite, de Pékin, estime Cao Jun Bo, analyste chez iResearch à Pékin.

Dans un entretien au Wall Street Journal en Mars, un des fondateurs de Google, Sergey Brin, avait indiqué que la décision originale de rediriger les utilisateurs vers le site de Hong Kong était une proposition indirecte du gouvernement chinois.

Il semble toutefois que Google, qui dirige deux centres de recherche et plusieurs centaines de salariés en Chine, a peut-être déjà payé le prix de sa dispute avec le gouvernement.

Le groupe a constaté un exode de cadres en Chine depuis le début de son différend avec les autorités ainsi que de partenaires participant à son programme publicitaire AdSense.

"Il semble clair qu'ils veulent avoir un certain engagement, des affaires, en Chine. Mais on en est actuellement à un point où un nombre croissant de partenaires et de partenaires AdSense quittent Google," commente Mark Natkin, chez Marbridge Consulting.

Il précise qu'au moins trois autres licences de Google en Chine arrivent à échéance pour renouvellement au mois de juin.

Avec Michael Wei, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Nicolas Delame

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