24 juin 2010 / 09:32 / il y a 7 ans

Vivendi en marche pour reprendre tout SFR début 2011

par Marie Mawad

PARIS (Reuters) - Le rachat des minoritaires de SFR par son premier actionnaire Vivendi devrait se faire en début d‘année 2011, disent des analystes, qui estiment que le conglomérat devra payer 7 à 8 milliards d‘euros pour convaincre le britannique Vodafone de lui vendre ses parts.

Le rachat des 44% restants de SFR permettrait à Vivendi de prendre le contrôle total d‘une filiale fortement génératrice de trésorerie et d‘améliorer sa rentabilité grâce à une coopération plus étroite entre l‘opérateur télécoms et Canal+, dont Vivendi est également actionnaire majoritaire.

Les dirigeants du numéro un mondial des médias et du divertissement ont indiqué à plusieurs reprises ces derniers mois que le groupe souhaitait reprendre la totalité de SFR, mais qu‘il n‘y avait pas de discussion en cours avec Vodafone.

“Vodafone vendrait volontiers. C‘est juste une question de prix et, pour Vivendi, de financement”, juge un analyste basé à Londres.

La part de Vodafone dans SFR est estimée par des analystes à environ cinq milliards d‘euros sur la base des ratios moyens du secteur des télécoms, qui font ressortir une valeur d‘entreprise de l‘ordre de cinq fois l‘Ebitda.

Mais Vivendi devra verser une prime pour mettre la main sur la totalité de SFR, ajoutent-ils.

Vivendi s‘est engagé à maintenir sa notation de crédit et à poursuivre sa politique de versement de dividende. Il affichait au 31 mars une dette nette de 9,5 milliards d‘euros et a généré 5,2 milliards de trésorerie d‘exploitation en 2009.

Un porte-parole de Vodafone n‘a pas souhaité commenter les spéculations sur l’évolution de la participation du groupe dans SFR. SFR n‘a fait aucun commentaire.

JUSQU’À 12,5 MILLIARDS D‘EUROS

Afin de préserver la solidité de son bilan, Vivendi attendra d‘encaisser d‘abord la recette de la vente de sa participation dans NBCU à General Electric, qui devrait intervenir à partir de septembre et s’élever à 5,8 milliards de dollars (4,7 milliards d‘euros), disent plusieurs analystes.

“Le groupe ne recevra 2 milliards de dollars que fin septembre, puis 3,8 milliards fin 2010 au mieux au closing de l‘opération NBCU avec GE”, résume Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James Euro Equities, qui table sur un rachat de SFR début 2011.

Ce scénario a également été retenu par les analystes de J.P. Morgan Cazenove, dans une note publiée début juin.

Vivendi pourrait dépenser jusqu’à huit milliards d‘euros pour cette opération, voire 12,5 milliards selon certains critères, sans mettre en danger sa note de solidité auprès des grandes agences de notation, estiment les analystes de Barclays Capital.

“Selon notre analyse, un rachat de SFR ne ferait vraiment sens que s‘il se fait aux multiples actuels de marché (d‘une valeur d‘entreprise d‘environ 5,5 fois l‘Ebitda)”, ajoutent-ils toutefois.

Ils précisent que, dans le secteur des télécoms, les transactions qui ont eu lieu au cours des cinq dernières années se sont faites en moyenne à des ratios de valeur d‘entreprise de huit fois l‘Ebitda.

ÉLOIGNER LE RISQUE D‘UNE ACQUISITION PÉRILLEUSE

S‘il y a débat sur le prix à payer pour racheter SFR, plusieurs analystes s‘accordent pour dire qu‘aux multiples actuels de marché la reprise de l‘opérateur télécoms serait bénéfique pour les marges de Vivendi.

Le groupe dispose déjà du contrôle opérationnel de SFR, mais des accords d‘actionnaire avec Vodafone limitent sa marge de manoeuvre et la possibilité de jumeler des opérations, commerciales notamment, avec Canal+.

Surtout, un éventuel rachat de SFR réduirait la marge de manoeuvre financière de Vivendi et éloignerait ainsi en partie le risque de nouvelles opérations qui seraient perçues comme étant trop périlleuses, soulignent plusieurs spécialistes.

Vivendi a démenti mercredi des informations selon lesquelles il serait en discussions avec Reliance Communications pour prendre une participation de 26% dans le deuxième opérateur mobile indien.

Le groupe a pris le contrôle en novembre 2009 de l‘opérateur brésilien de téléphonie fixe GVT pour 2,8 milliards d‘euros.

Avec la contribution de Georgina Prodhan à Londres, édité par Jean-Michel Bélot

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