3 juin 2010 / 11:18 / il y a 7 ans

Cegid veut être n°1 du logiciel dédié au retail

par Florent Le Quintrec et Michel Rose

PARIS (Reuters) - L'éditeur de logiciels de gestion spécialisés Cegid Group veut avoir une envergure internationale et prévoit plusieurs acquisitions cette année, dont deux en France probablement d'ici la fin du mois, a déclaré son directeur général.

Le groupe français, dont les concurrents sont les géants SAP, Oracle ou encore Sage, compte être leader mondial des logiciels dédiés aux métiers de la distribution d'ici trois ans, a précisé Patrick Bertrand lors d'une interview à Reuters.

"On vient de réaliser la première phase qui était de devenir présent à l'international" (en accompagnant ses clients français), dit-il. L'objectif est désormais de passer "à une deuxième phase qui est le développement sur une base locale".

"Dans le retail, on doit être cinquième. Notre objectif, c'est d'être le numéro un mondial dans les trois ans qui viennent."

Patrick Bertrand souhaite voir la part de l'international dans ses ventes retail passer de 25% à 50% et compte également vendre à l'étranger ses produits dédiés à d'autres métiers.

APRÈS LA DISTRIBUTION, L'INDUSTRIE

Cegid, qui développe des logiciels de gestion spécialement adaptés aux métiers de ses clients, ce qui limite les paramétrages par rapport aux produits proposés par ses concurrents, est également présent dans l'industrie, la comptabilité, l'hôtellerie et la restauration.

La société compte accélérer son développement international par une "montée en puissance de l'industrie" après celle de ses offres dédiées à la distribution.

Cegid, créée en 1983 par l'homme d'affaires Jean-Michel Aulas, dit étudier en permanence une trentaine de dossiers de croissance externe en France et à l'étranger.

"De façon évidente, Cegid annoncera des croissances externes en 2010", déclare son directeur général. Deux petites opérations pourraient être conclues en France "si tout se passe bien avant fin juin", ajoute-t-il.

Il précise que les dossiers que le groupe étudie concernent pour l'instant des sociétés dont le chiffre d'affaires se situe entre 3 et 10 millions d'euros.

La grande fidélité des clients dans le secteur des logiciels de gestion, étant donné la lourdeur de leur intégration, justifie la nécessité de procéder à des opérations de croissance externe pour gagner des parts de marché, explique Patrick Bertrand.

Malgré un niveau de flottant proche de 50%, Cegid ne pense pas être lui-même la cible d'un rachat. Même s'il ne considère pas une telle possibilité comme négative.

"Ce n'est pas une peur parce que le fait de voir Cegid consacré comme spécialiste de tel ou tel secteur dans un groupe de un, deux ou trois milliards d'euros (de chiffre d'affaires), ça peut être une bonne perspective industrielle", souligne Patrick Bertrand.

DES OPPORTUNITÉS AVEC LE "CLOUD COMPUTING"

Cegid, qui compte parmi ses clients Hermès, ArcelorMittal ou encore L'Occitane, observe une évolution de son activité avec le développement du "cloud computing".

Cette tendance technologique permet d'avoir accès à des services informatiques à distance, sans support matériel et via le web, les logiciels n'ayant plus besoin d'être installés sur les ordinateurs des clients.

Dans ce cadre, le développement du "Software as a Service" (logiciel comme un service) permettra aux éditeurs de créer des logiciels plus vite et à moindre coût, et aux entreprises de réduire leurs investissements dans ce domaine.

"Ça transforme l'investissement en charge d'exploitation", explique le directeur général de Cegid, également président de l'association française des éditeurs de logiciels (AFDEL).

L'enjeu principal pour Cegid et ses concurrents sera, selon lui, de parvenir à développer des logiciels adaptables à toutes les plates-formes de "cloud computing" développées par de grands groupes comme Google ou Microsoft, sous peine de devenir "otage" d'une seule plate-forme et de voir leur pouvoir de négociation s'affaiblir.

Pour l'exercice 2010, Cegid Group ne souhaite pas communiquer de prévisions d'activité chiffrées mais confirme son objectif de point mort mensuel de 18,2 millions d'euros.

La société se dit aussi confiante concernant sa marge brute, qui avait déjà progressé de 87,5% à 87,9% sur un an au premier trimestre. "Là, elle continue à monter", dit Patrick Bertrand.

Après une année 2009 marquée par un net ralentissement de la demande en services informatiques, Cegid constate un certain redémarrage depuis "avril-mai".

Cegid a réalisé en 2009 un chiffre d'affaires de 248,6 millions d'euros et un résultat net de 17,9 millions d'euros.

A la Bourse de Paris jeudi, le titre avançait de 0,8% à 20,21 euros vers 16h15, portant à ce cours sa capitalisation boursière à 186 millions d'euros. Le titre gagne 29,6% depuis le début de l'année après avoir grimpé de 97% en 2009.

Edité par Dominique Rodriguez

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