La radio numérique terrestre expérimentée à Nantes

mercredi 26 mai 2010 18h07
 

NANTES (Reuters) - La radio numérique terrestre (RNT), projet appelé à remplacer une bande FM saturée mais sans cesse repoussé, fait l'objet d'une expérimentation à Nantes (Loire-Atlantique), où treize stations vont diffuser leurs programmes en qualité numérique jusqu'au milieu de l'été.

L'expérimentation a été lancée sous les yeux de Rachid Arhab, qui préside le groupe de travail sur le sujet au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

"Certaines mauvaises langues disent que je suis un ayatollah de la RNT, mais ce n'est pas vrai", explique l'ancien présentateur du journal télévisé de France 2, qui s'est dit simplement "résolu" à voir aboutir le projet.

"Actuellement, il existe une radio hertzienne accessible à tous, et une radio sur internet mais qui n'est pas gratuite", ajoute-t-il. "Or, la radio doit rester un média gratuit, ce que permettra la numérisation".

Parmi les treize stations participant à l'opération, figurent des radios locales et nationales (Ouï FM, FG, Radio France Internationale…), mais aucune n'appartient aux groupes NRJ, Lagardère (Europe 1), RTL ou NextRadio (RMC).

L'équivalent radiophonique de la TNT doit permettre d'élargir les zones de diffusion des radios avec un meilleur confort d'écoute et d'envoyer des "données associées" (trafic routier, par exemple) sur un écran dont sont équipés certains récepteurs radio numériques.

Des grandes enseignes de Nantes ont commencé à vendre ce type d'appareil à l'occasion de l'expérimentation.

"Le lancement de la radio numérique est vital pour les petites radios comme la nôtre", estime Pierre Boucard, directeur de la radio nantaise SUN et président du Groupement des radios associatives de la métropole nantaise (Gram).

"Avec le développement des smartphones, la diffusion va en effet passer de plus en plus par des opérateurs télécom (...). Sur leur bouquet, ils privilégieront leur propre contenu à ceux des radios associatives, pour récupérer l'argent de la publicité. Il faut donc conserver un mode de diffusion alternatif", explique-t-il.

Les premières émissions de radio numérique sont diffusées du haut d'un immeuble de Saint-Herblain, en périphérie de Nantes, d'où sont parties en 1978 celles des "radios pirates" nantaises.

Guillaume Frouin, édité par Gilles Trequesser