21 mai 2010 / 14:38 / il y a 7 ans

Le trafic n'est pas l'eldorado qu'espéraient les équipementiers

<p>L'explosion du trafic de donn&eacute;es sur les t&eacute;l&eacute;phones mobiles n'est pas l'eldorado qu'esp&eacute;raient les &eacute;quipementiers t&eacute;l&eacute;coms, car l'augmentation n&eacute;cessaire des capacit&eacute;s des r&eacute;seaux ne suffit pas &agrave; endiguer les pressions concurrentielles et la d&eacute;flation des prix dans le secteur. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>

par Marie Mawad et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - L‘explosion du trafic de données sur les téléphones mobiles n‘est pas l‘eldorado qu‘espéraient les équipementiers télécoms, car l‘augmentation nécessaire des capacités des réseaux ne suffit pas à endiguer les pressions concurrentielles et la déflation des prix dans le secteur.

La généralisation des smartphones et le lancement de nouveaux appareils gourmands en débits comme l‘iPad d‘Apple saturent les réseaux télécoms, mais pour absorber la hausse du trafic, les opérateurs européens n‘augmenteront pas leur enveloppe d‘investissements à court ou moyen terme.

Ils préfèrent réallouer des fonds vers le mobile, au détriment d‘autres types d’équipements, ont expliqué des dirigeants du secteur lors du sommet sur la technologie et les télécoms organisé par Reuters.

“Nous voyons déjà la baisse des investissements dans les technologies de voix et l‘augmentation dans les données sur mobile”, constatait mardi Johan Wibergh, en charge des réseaux chez Ericsson.

Dans ce contexte, les équipementiers les plus spécialisés ou les fournisseurs les moins chers sont les mieux placés pour tirer profit de la mise au point des réseaux, disent des analystes.

Plusieurs d‘entre eux citent le suédois Ericsson, le numéro un mondial de l’équipement mobile, en grand gagnant, tandis qu‘ils placent Alcatel-Lucent en queue de peloton.

Alcatel Lucent parie sur la convergence entre les réseaux fixes et mobiles, qui lui permettrait de pallier sa position historiquement faible sur le marché de l’équipement mobile, a expliqué jeudi son directeur général Ben Verwaayen.

“Je pense que dans les deux à trois ans à venir, le marché va devoir redéfinir la mobilité et les parts de marché des différents acteurs”, a-t-il déclaré.

DÉFLATION

Les équipementiers chinois Huawei et ZTE, qui ont réussi à s‘accaparer des parts de marchés significatives moins d‘une dizaine d‘années après leur entrée dans le secteur, continuent quant à eux de profiter d‘un positionnement de prix inférieur.

Leur concurrence intense reste un facteur de déflation des prix des équipements télécoms, redistribuant les cartes dans le secteur ces dernières années et affaiblissant considérablement les groupes comme Alcatel-Lucent, dont la structure de coûts est plus élevée.

Parmi les opérateurs, France Télécom parie notamment que la baisse du prix des équipements lui permettra de multiplier les projets sans augmenter son enveloppe d‘investissements, et ne prévoit pas des les accroître significativement à court ou moyen terme, a expliqué Gervais Pellissier.

“Nous avons inclus (dans nos prévisions d‘investissements) le besoin d‘augmenter la couverture, le débit ou la capacité”, a déclaré jeudi Gervais Pellissier, le directeur financier de France Télécom.

Le premier opérateur français, qui compte investir cette année l’équivalent de 12% de ses ventes en investissements et entre 12% et 13% au cours des exercices suivants, va également abaisser progressivement ses dépenses dans les technologies de deuxième génération (2G) pour les réallouer, une stratégie commune à plusieurs grands opérateurs.

Son concurrent SFR a lui aussi indiqué qu‘il comptait maintenir ses investissements en 2010 au même niveau qu‘en 2009.

“Au moment où les opérateurs télécoms commenceront à se faire concurrence sur le critère de la qualité du réseau mobile, alors on pourrait voir un véritable bond des dépenses. Cela pourrait se produire en Europe plus tôt qu‘ailleurs”, juge Richard Windsor, spécialiste du secteur technologique chez Nomura.

“(La reprise des capex) se fera probablement avec le déploiement de la technologie LTE (de quatrième génération), mais ce n‘est pas avant 2012-2013, voire 2014”, estime de son côté Gabrielle Capron, analyste télécoms chez Groupama.

Nomura estime que les dépenses en équipement mobile croîtront de 4% en 2010 et reculeront d‘autant l‘année suivante. Les analystes de Bernstein tablent quant à eux sur une croissance mondiale de ce segment d‘un peu moins de 3% cette année, puis autour de ce rythme chaque année jusqu‘en 2013.

Avec la contribution de Melanie Lee à Shanghai, édité par Jean-Michel Bélot

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