Les doutes sur les risques du téléphone portable demeurent

mardi 18 mai 2010 19h55
 

PARIS (Reuters) - La plus importante étude menée à ce jour sur l'utilisation du téléphone portable n'a pas montré de liens clairs avec certains cancers du cerveau mais la suspicion demeure et d'autres études seront nécessaires.

Les résultats de l'étude Interphone de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) présentés mardi laissent en effet penser que les grands utilisateurs de portables courent un risque supérieur, sans toutefois trancher.

"L'étude ne met pas en évidence un risque accru de tumeur, mais en même temps, on ne peut pas conclure qu'il n'y a pas de risque", explique Élisabeth Cardis, coordinatrice principale de l'étude, sur la radio des Nations unies.

"On a un certain nombre d'éléments qui semblent indiquer qu'il y a peut-être une augmentation de risque chez les gros utilisateurs, chez ceux qui tenaient le téléphone du même côté de la tête où s'est développée la tumeur", ajoute-t-elle.

Certaines données montrent ainsi un risque de gliome de 40% supérieur et un risque de méningiome de 15% supérieur chez les participants qui ont déclaré une utilisation fréquente et habituellement du même côté de la tête que la tumeur.

Les auteurs de la recherche affirment toutefois que des difficultés méthodologiques et les erreurs limitent la force des conclusions et empêchent d'établir une "interprétation causale".

Pour la ministre de la Santé Roselyne Bachelot et la secrétaire d'Etat à l'écologie Chantal Jouanno, ces résultats "ne mettent pas en évidence d'augmentation de risque lié à l'utilisation d'un téléphone portable".

Ces données ont été toutefois collectées à une période où l'utilisation du téléphone portable était moins intense qu'aujourd'hui et il faut maintenir l'effort de recherche et d'expertise, ajoutent-elles dans un communiqué.

En revanche, pour l'association Robin des toits, cette étude montre bien des risques de cancer du cerveau "accrus de 40% chez les utilisateurs d'un téléphone mobile pendant une durée de 10 ans à raison d'une demi-heure d'utilisation par jour."   Suite...

 
<p>La plus importante &eacute;tude men&eacute;e &agrave; ce jour sur l'utilisation du t&eacute;l&eacute;phone portable n'a pas montr&eacute; de liens clairs avec certains cancers du cerveau mais la suspicion demeure et d'autres &eacute;tudes seront n&eacute;cessaires. /Photo prise le 29 mars 2010/ REUTERS/Jorge Silva</p>