17 mai 2010 / 10:48 / dans 7 ans

La longue route de la numérisation du cinéma en Europe

<p>La num&eacute;risation du cin&eacute;ma europ&eacute;en appara&icirc;t in&eacute;luctable mais risque de provoquer la disparition d'un tiers des 30.000 salles europ&eacute;ennes, selon un rapport de l'Observatoire europ&eacute;en de l'audiovisuel pr&eacute;sent&eacute; dimanche, en marge du Festival de Cannes. /Photo d'archives/REUTERS</p>

CANNES (Reuters) - La numérisation du cinéma européen apparaît inéluctable mais risque de provoquer la disparition d‘un tiers des 30.000 salles européennes, souligne un rapport de l‘Observatoire européen de l‘audiovisuel.

L‘Observatoire, organisme dépendant du Conseil de l‘Europe, évoque uniquement dans ce rapport présenté dimanche en marge du 63e Festival de Cannes la projection des oeuvres en salle, même si le nombre des écrans numériques a triplé l‘an dernier.

“Dans un proche avenir, le cinéma européen sera numérique”, peut-on lire dans le préambule du rapport. “Mais cette transition ne se fera pas sans difficulté et la route pourrait se révéler longue et sinueuse.”

Si le passage au numérique offre plusieurs avantages, en termes de souplesse de programmation ou de projection de films 3D par exemple, le problème reste qu‘installer du matériel numérique est très onéreux pour un exploitant de salles.

Les cinémas d‘art et essai, en particulier, ne peuvent se payer le matériel ou négocier des contrats de type Virtual Print Fee (VPF, frais de copies virtuelle). Ces contrats, nés aux Etats-Unis, prévoient qu‘un investisseur privé ou public fasse une avance sur le prix du matériel, dont il est ensuite remboursé par le distributeur et l‘exploitant.

Les organismes publics du cinéma européen (EFAD) ont donc réclamé en septembre 2009 une intervention des pouvoirs publics pour la numérisation des salles de cinéma.

“Selon les EFAD, un tiers des 30.000 écrans européens disparaîtra à cause d‘un système qui privilégie les cinémas commercialement porteurs”, écrit l‘Observatoire.

LA FRANCE CHERCHE UNE SOLUTION

Le Centre national du cinéma (CNC) français s‘est lancé dans la bataille en proposant un Fonds de mutualisation, basé sur le modèle VPF et ouvert à tous les distributeurs et exploitants.

Ce projet a été abandonné après avis défavorable de l‘Autorité de la Concurrence et le CNC cherche une alternative.

Une intervention publique dans le domaine de la numérisation tombe immédiatement dans le domaine de la réglementation européenne relative aux aides d‘Etat et doit être de ce fait obtenir le feu vert de la Commission européenne.

Certaines aides, comme celles destinées à promouvoir la culture ou la conservation du patrimoine, sont acceptées sous certaines conditions.

Pour y voir plus clair, notamment sur les risques éventuels que la numérisation peut entraîner pour la “diversité des cinémas européens”, l‘exécutif européen a lancé l‘an passé une consultation publique sur le cinéma numérique.

La Commission européenne doit en principe faire une communication en septembre sur l‘issue de cette consultation.

“Il importe de clarifier la situation des coûts, c‘est une question primordiale pour la viabilité financière à long terme des exploitants”, a dit à Reuters Martin Kanzler, analyste de l‘observatoire. Il s‘agit de déterminer “combien cela coûte de plus pour un exploitant de gérer un (système numérique)”.

Selon lui, personne ne sait combien de temps durera le matériel, sauf à se baser sur la garantie du constructeur, qui varie de huit à 12 ans.

PAS DE POSITION EUROPÉENNE DÉFINITIVE

Dans l‘intervalle, constate le rapport, “la Commission européenne n‘est pas encore arrivée à une conclusion définitive quant à sa future politique en matière de cinéma numérique”.

La Commission a déjà rendu des avis positifs sur des aides publiques à la numérisation pour soutenir au Royaume-Uni la diffusion de “films spécialisés”, correspondant plus ou moins à des films d‘art et essai, ou la production de films locaux “diversifiés et originaux” en Finlande.

En revanche, l‘exécutif européen a ouvert une enquête sur un projet de crédit d‘impôt en Italie ouvert à tout exploitant investissant dans du matériel de projection numérique, pour autant qu‘il soit jugé suffisamment rentable.

Les autorités européennes remettent en cause en particulier l‘estimation du coût de l’équipement par les autorités.

Le rapport conclut qu‘on ne peut extrapoler la future politique de numérisation de la Commission à partir de ces cas particuliers.

“Demeure une unique certitude: l‘avenir de l‘exploitation cinématographique en Europe s‘annonce numérique”.

Wilfrid Exbrayat, édité par Yves Clarisse

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