April 29, 2010 / 11:16 AM / 7 years ago

Palm va permettre à HP de prendre pied dans les smartphones

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Le Palm Pre. Le rachat de Palm par Hewlett-Packard pour 1,2 milliard de dollars permet au groupe informatique de prendre pied sur un march&eacute; des smartphones devenu incontournable, mais il devra investir des sommes importantes pour faire de cette op&eacute;ration un succ&egrave;s. /Photo d'archives/Lucas Jackson</p>

par Gabriel Madway

SAN FRANCISCO (Reuters) - Le rachat de Palm par Hewlett-Packard permet au groupe informatique de prendre pied sur un marché des smartphones devenu incontournable, mais il devra investir des sommes importantes pour faire de cette opération un succès.

Le numéro un mondial du secteur technologique en termes de chiffre d'affaires, déjà dominant sur le marché des PC, des serveurs, des services informatiques ou encore des imprimantes, ne pouvait se permettre de passer à côté du marché des smartphones, sur lequel se ruent tous ses concurrents américains et asiatiques.

Les fabricants de PC Dell, Lenovo et Acer se sont déjà tous tournés vers ce marché particulièrement rentable, qui, en plus de l'offre de téléphonie mobile traditionnelle, propose également tout une gamme de services : vidéos en streaming, e-mails ou encore GPS.

En outre, les analystes soulignent qu'avec l'acquisition de Palm, annoncée mercredi pour un montant de 1,2 milliard de dollars (900 millions d'euros), HP disposera d'un produit permettant de se distinguer de ceux proposant des appareils fonctionnant avec les systèmes d'exploitation de Google et de Microsoft.

HP aura ainsi l'opportunité de vendre une panoplie de services potentiellement très lucratifs pour les utilisateurs de mobile.

Avec des marges plus importantes, les smartphones sont particulièrement attractifs pour les fabricants de PC. Alors que les dernières marges brutes publiées par HP s'élevaient à 22,8%, Research in Motion (RIM), le fabricant des Blackberry, a dégagé une marge de 45,7% et Apple, le fabricant des iPhone, une marge de 41,7%.

Selon Lou Miscioscia, analyste chez Collins Stewart, le rachat de Palm n'est pas une opération très risquée pour le groupe au regard des bénéfices potentiels qu'elle pourrait générer. "HP a été remarquablement absent du marché des smartphones, dominé à grand bruit par l'iPhone" explique-t-il. "Je pense que le groupe n'avait aucune envie d'être exclu de tout cela".

Les études menées par le groupe iSuppli prévoient 35,5% de croissance pour ce marché, avec 247 millions d'appareils vendus en 2010.

Avec Palm, HP acquiert une marque prestigieuse mais à bout de souffle, avec des ventes affaiblies malgré les critiques élogieuses qui ont accueilli sa plateforme webOs. Malgré de gros moyens mis à disposition, la marque n'est pas parvenue à imposer ses modèles Pre et Pixi face à ses plus importants concurrents.

INVESTISSEMENT COÛTEUX

<p>HP RACH&Egrave;TE PALM</p>

Contrairement à la plupart des autres fabriquants de smartphones, Palm a le mérite d'offrir à HP un produit complet, regroupant à la fois l'appareil en tant que tel et le logiciel d'exploitation.

"Apple et RIM sont les deux groupes qui connaissent un succès sur ce segment, et ils ont tous deux intégré à la fois l'équipement et le logiciel" souligné Daniel Ernst, analyste chez Hudson Square.

"Si vous fabriquez des téléphones tous les jours, et que vous êtes constamment dépendants de Microsoft ou Google pour votre prochain produit, vous êtes toujours à le traîne", a-t-il ajouté.

HP n'a pas dévoilé la ligne de développement des produits Palm, mais le groupe sera certainement confronté à un défi de taille, et potentiellement coûteux, pour redorer le blason d'une marque parmi des concurrents déjà bien implantés.

Selon Gartner, Palm détenait une part du marché mondiale des smartphones de 1,2% en 2009 contre 41,1% pour Nokia, 19,9% pour RIM et 14,4% pour Apple.

"HP va devoir montrer de quoi il est capable. Cela ira bien plus loin que leur investissement d'un milliard" affirme Daniel Ernst.

Mais HP, qui dispose d'une trésorerie abondante, a déjà clairement laissé entendre qu'il avait bien l'intention de mettre la main au portefeuille pour redresser Palm.

"HP soutiendra Palm. Car ce qui manque à Palm, c'est du capital pour rester dans la partie" assure Matthew Thornton d'avian Securities. "Or HP a les poches très profondes".

Les investissements d'HP devraient notamment se focaliser sur le développement des applications, qui ont fait le succès des smartphones Apple.

Le PDG actuel de Palm Jon Rubinstein restera en place, a dit mercredi HP dans un communiqué dans lequel il précise que le rachat devrait être finalisé au cours de son troisième trimestre fiscal, qui s'achève le 31 juillet.

Catherine Monin pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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