29 avril 2010 / 06:00 / dans 7 ans

France Télécom ne voit pas encore pleinement la reprise

<p>France T&eacute;l&eacute;com estime que ses r&eacute;sultats trimestriels ne refl&egrave;tent pas encore la pleine reprise &eacute;conomique, confirmant n&eacute;anmoins ses objectifs pour 2010 et &agrave; moyen terme, dont celui d'un cash flow organique de huit milliards d'euros. /Photo d'archives/REUTERS/R&eacute;gis Duvignau</p>

PARIS (Reuters) - France Télécom a déclaré jeudi que ses résultats trimestriels reflétaient une reprise économique encore hésitante, mais la forte réduction de ses dépenses d‘investissement a des implications rassurantes pour le cash flow, ont estimé des analystes.

L‘opérateur télécoms a pâti de la baisse de 7% de son activité auprès des entreprises, plus sensible à la conjoncture, et a été affecté en France par des pressions réglementaires et une concurrence accrue au premier trimestre.

“La situation économique globale ne s‘est pas nettement améliorée. Nous confirmons nos perspectives de ventes, mais nous ne voyons pas de signaux additionnels de reprise dans nos principaux pays qui nous permette de relever nos prévisions”, a commenté Gervais Pellissier, le directeur financier, lors d‘une conférence téléphonique.

France Télécom a confirmé l‘ensemble de ses objectifs pour 2010 et à moyen terme, après avoir publié un chiffre d‘affaires de 10,96 milliards d‘euros au premier trimestre, en recul de 2,7% à base comparable, et fait état d‘une marge d‘Ebitda de 34,3%, en baisse d‘un point.

Le consensus Reuters le plus récent tablait sur des ventes de 11,01 milliards d‘euros et un Ebitda de 3,84 milliards (marge de 34,9%), sur la base des estimations de 12 analystes.

“La reprise ne semble clairement pas là dans le monde de l‘entreprise. On est plutôt dans une situation de reprise douce ou lente dans le monde du grand public. Avec pour le moment un petit retard de la France en matière de grand public”, a expliqué le directeur financier.

“L‘Ebitda est inférieur de quelques points à ce qu‘attendait le consensus, mais les capex sont aussi bien en dessous des attentes. Au final, je pense que les implications pour le cash flow sont assez bonnes”, résume un analyste basé à Londres.

Le ratio de capex s‘est établi à 8% des ventes au premier trimestre, du fait notamment de conditions climatiques qui ont rendu le déploiement difficile dans certains pays.

Vers 16h00, l‘action prenait 0,4% à 16,45 euros, tandis que l‘indice sectoriel des télécoms gagnait 1,0%.

REMONTÉE DES CAPEX À VENIR

France Télécom a confirmé viser un niveau de capex de 12% sur l‘ensemble de l‘année et compte accélérer ses investissements dans la fibre optique en France au second semestre, ce qui jette certains doutes sur la capacité du groupe à maintenir sa rentabilité, disent des analystes.

“La baisse des investissements (observée au premier trimestre) ne nous semble pas tenable”, écrit Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James Euro Equities, dans une note.

Gervais Pellissier a néanmoins réitéré l‘objectif d‘un cash flow organique de huit milliards d‘euros par an à l‘horizon 2011. “Nous nous sentons assez à l‘aise pour sécuriser notre objectif annuel de cash flow, et pas au détriment des capex”, a-t-il déclaré.

France Télécom, dont les chiffres trimestriels intègrent des changements comptables liés notamment à la déconsolidation de la filiale britannique, vise pour 2010 un chiffre d‘affaires “globalement stable” à base comparable, estimant que les mesures de régulation auront un impact défavorable d‘un milliard d‘euros et qu‘elles pèseront sur l‘Ebitda pour 450 à 500 millions d‘euros, comme en 2009.

Les coûts devraient moins peser sur la marge d‘Ebitda au second semestre 2010 en comparaison avec le second semestre 2009, a ajouté le directeur financier.

Le premier opérateur français a également indiqué qu‘il comptait faire appel en Suisse de la décision de l‘autorité de la concurrence interdisant le rachat de Sunrise. Il étudie par ailleurs la possibilité de formuler une nouvelle offre d‘achat qui serait plus acceptable aux yeux du régulateur.

FAIBLES CONQUÊTES DANS L‘ADSL

En France, le groupe confirme qu‘il lancera en 2010 une offre “quadruple play” - téléphone, internet, télévision et mobile - pour répondre à une concurrence accrue.

La société a estimé à 14,1% sa part de conquête de nouveaux clients dans l‘ADSL en France au premier trimestre. Cette part est particulièrement faible au regard d‘un niveau d‘un peu plus de 30% en moyenne en 2009, même si des analystes ont estimé que de telles fluctuations n’étaient pas toujours très représentatives d‘un trimestre à l‘autre.

“Nous avions choisi de remettre en ordre notre catalogue pendant tout le premier trimestre, ce qui fait que certaines offres de promotion ne sont plus commercialisées”, a expliqué Gervais Pellissier au sujet de cette baisse.

Le groupe s‘est fixé pour objectif de ramener, au cours du second semestre 2010, sa part de conquêtes dans l‘ADSL au niveau atteint au quatrième trimestre 2009, soit 29,2%, a ajouté pour sa part Delphine Ernotte, directrice exécutive en charge de l‘Hexagone.

France Télécom compte environ 18 millions d‘abonnés dans le mobile en France, représentant une part de marché de 47,2% à fin mars en incluant les partenariats avec des opérateurs sans réseau (MVNO). Sa part de marché dans l‘ADSL était de 47% en France à la fin du premier trimestre.

Marie Mawad, édité par Dominique Rodriguez et Gilles Guillaume

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