L'ouverture des paris en ligne pourrait favoriser les monopoles

mardi 27 avril 2010 13h54
 

par Vincent Chauvet

PARIS (Reuters) - La libéralisation des jeux d'argent et paris en ligne en France, annoncée comme une révolution, pourrait en réalité renforcer les deux anciens monopoles sans forcément atteindre l'objectif d'une réduction significative de la fréquentation des sites étrangers.

L'ouverture effective du marché, repoussée de nombreuses fois, devrait avoir lieu dans les premiers jours de juin, juste à temps pour le coup d'envoi du premier match de la Coupe du monde de football le 11 juin.

Une intervention de Malte, où sont domiciliés de nombreux sites de jeux en ligne, auprès de la Commission européenne ne permettra la parution de certains décrets qu'à la mi-mai, tandis qu'une décision attendue du Conseil constitutionnel pourrait encore chambouler le calendrier.

Une fois ces derniers obstacles juridiques levés, l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) délivrera des licences sur les trois marchés libéralisés: le poker, les paris sportifs et les paris hippiques.

"Une trentaine d'opérateurs devraient déposer leurs dossiers", estime Olivier Vialle, spécialiste Gaming France au cabinet PricewaterhouseCoopers. "Presque tous les gros opérateurs étrangers vont venir sur le marché français."

Le trader britannique de paris Betfair fait partie des quelques sites qui hésitent encore. "Ce n'est pas impossible pour un nouvel entrant d'être rentable, mais ce sera très difficile étant donné le régime fiscal proposé - la législation française va certainement profiter aux acteurs historiques", explique Tim Phillips, directeur Europe des relations publiques du groupe.

L'AVANTAGE DE L'ANCIENNETÉ

La Française des Jeux (FdJ) et le PMU disposent en effet sur le papier d'avantages significatifs. Forts d'une notoriété certaine, d'un capital de confiance élevé et d'un réseau physique très dense, ils ont également multiplié ces derniers mois les partenariats avec des groupes de médias. (voir   Suite...

 
<p>La lib&eacute;ralisation des jeux d'argent et paris en ligne en France, annonc&eacute;e comme une r&eacute;volution, pourrait en r&eacute;alit&eacute; renforcer les deux anciens monopoles sans forc&eacute;ment atteindre l'objectif d'une r&eacute;duction significative de la fr&eacute;quentation des sites &eacute;trangers. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>