16 avril 2010 / 10:34 / il y a 7 ans

Peu de salut pour la TV payante en dehors de Canal+

<p>Les perspectives de croissance de la t&eacute;l&eacute;vision payante en France semblent limit&eacute;es alors que la quasi-totalit&eacute; de la population aura acc&egrave;s &agrave; au moins 18 cha&icirc;nes de t&eacute;l&eacute;vision gratuite fin 2011 et que de plus en plus de programmes sont disponibles en vid&eacute;o &agrave; la demande (VOD). /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard</p>

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Les perspectives de croissance de la télévision payante en France semblent limitées alors que la quasi-totalité de la population aura accès à au moins 18 chaînes de télévision gratuite fin 2011 et que de plus en plus de programmes sont disponibles en vidéo à la demande (VOD).

Les cinq chaînes de la télévision numérique terrestre (TNT) payante vivotent et les chaînes thématiques disponibles sur le câble et le satellite dépendent du bon vouloir de CanalSat, leur seul intermédiaire valable en l‘absence de véritable alternative.

Même Canal+, qui a retrouvé en quelques années une santé insolente, apparaît cependant comme un colosse aux pieds d‘argile, dépendant principalement de ses droits exclusifs dans le sport, l‘attrait des abonnés étant moindre pour les films, désormais disponibles au bout de quatre mois seulement en VOD au lieu de six mois auparavant, estiment des observateurs.

La France comptait environ 12 millions d‘abonnés à la télévision payante multichaînes fin 2009, selon des chiffres du Conseil supérieur de l‘audiovisuel (CSA). Le 30 novembre 2011, 97% de la population devrait avoir accès à au moins 18 chaînes de TNT gratuites avec l‘extinction de l‘analogique, sans compter les trois chaînes “compensatoires” dont bénéficieront TF1, M6 et Canal+.

Une centaine de chaînes sont disponibles dans les bouquets de base proposés par les fournisseurs d‘accès à internet, comme Orange, SFR et Free, ou le câblo-opérateur Numericable.

“Ce n‘est pas une période où vous allez pouvoir inciter les gens à coup de promotions à venir goûter autre chose alors qu‘ils sont déjà en train considérer qu‘il y a beaucoup de chaînes”, observe Laurent Fonnet, directeur de l‘observatoire MCG de la TNT.

La grande perdante: la TNT payante. Cinq ans après son lancement, ses cinq chaînes (Eurosport, LCI, Paris Première, Planète et TF6) réunissent péniblement 350.000 abonnés au total.

AB1 et Canal J ont jeté l’éponge en 2008 et 2009 et le CSA s‘interroge sur le lancement d‘un appel d‘offres pour leurs canaux désormais vacants.

“La TNT payante arrive en fin de parcours pour mobiliser des foyers qui n‘auraient pas voulu s‘abonner par le câble, le satellite ou par l‘ADSL”, note Stéphane Martin, directeur général du Syndicat national de la publicité télévisée (SNPTV).

LES FAI CHANGENT LA DONNE

Seule une arrivée d‘Orange paraît pouvoir dynamiser la TNT payante. L‘opérateur télécoms, au milieu du guet après avoir essayé sans véritable succès de chasser sur les terres de Canal+, envisage la possibilité de proposer ses chaînes Orange Cinéma Séries et Orange Sport sur la TNT payante.

A la faveur d‘un développement unique en Europe, les FAI, avec leurs offres internet-téléphone-télévision ont surpassé le satellite comme mode de distribution de la télévision payante.

Mais la profusion des chaînes offertes aux clients d‘abord motivés par l‘obtention d‘un accès à internet les dissuade de payer plus pour des offres de télévision payante.

“Les FAI (...) ont eu un impact très négatif sur le développement de la télévision payante : une grosse partie de la TV payante est perçue par les consommateurs comme étant gratuite”, a estimé Léonor Grandsire, présidente de NBC Universal Global Networks France, qui édite les chaînes ScyFy Universal et 13ème Rue.

Les chaînes thématiques, dont les ressources publicitaires ne représentent que 15% de leur chiffre d‘affaires, peinent à accéder à des contenus exclusifs susceptibles de convaincre de nouveaux abonnés.

Car il s‘agit bien là du nerf de la guerre: les droits dans le sport, le cinéma et les séries ont donné lieu depuis deux ans à une bataille homérique entre Canal+ et Orange.

Le conflit, apaisé depuis l‘arrivée de Stéphane Richard à la tête de France Télécom, illustre la convergence grandissante entre les télécoms et la télévision payante.

Alors que les ruptures technologiques se succèdent à grande vitesse, l‘avènement de la fibre optique et des téléviseurs connectés à internet pourrait donner un second souffle à la télévision payante en incitant à payer pour des services associés, dont la plupart restent encore à inventer.

Edité par Jean-Michel Bélot

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