7 avril 2010 / 13:30 / il y a 7 ans

Régie France TV privatisée même si la publicité était maintenue

<p>La publicit&eacute; dispara&icirc;tra d&eacute;finitivement des &eacute;crans de France T&eacute;l&eacute;visions &agrave; compter de fin 2011, confirme mercredi le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard</p>

PARIS (Reuters) - Un éventuel maintien de la publicité sur France Télévisions en journée ne remettrait pas en cause la vente de sa régie publicitaire au tandem formé par Stéphane Courbit et Publicis, déclare le député UMP Christian Kert, également administrateur du groupe de télévision public.

Maintenir des écrans publicitaires de 6h à 20h permettrait de conserver des recettes qui ont dépassé 400 millions d‘euros en 2009. Ceci alors même que la Commission européenne s‘interroge sur la taxe de 0,9% sur le chiffre d‘affaires des opérateurs télécoms prévue pour compenser le manque à gagner et qu‘une hausse de la redevance paraîtrait malvenue en période de crise économique.

Le président du groupe UMP de l‘Assemblée nationale, Jean-François Copé - qui avait dirigé en 2008 la commission chargée de préparer une suppression totale de la publicité sur France Télévisions fin 2011 - s‘est prononcé mardi contre la suppression de la publicité avant 20h00 chez France Télévisions.

Jean-François Copé remet ainsi en cause l’équilibre du projet annoncé début 2008 par Nicolas Sarkozy, au moment même où certaines orientations de la politique menée par le chef de l‘Etat sont ouvertement contestées par une frange de sa majorité.

Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a réaffirmé de son côté mercredi qu’“à ce stade”, la suppression totale de la publicité était toujours prévue pour la fin 2011.

L‘hypothèse d‘un maintien de la publicité en journée, qui a fait l‘objet d‘un consensus au sein de la commission parlementaire réunie mercredi matin à l‘Assemblée nationale, était implicitement contenue dans la “clause de rendez-vous” prévue d‘ici mai 2011, dans le cadre de la loi du 5 mars 2009 sur la réforme de l‘audiovisuel public.

Mais l‘arrivée éventuelle d‘un nouveau PDG de France Télévisions cet été, avec la fin du mandat actuel de Patrick de Carolis, justifie l‘avancée d‘un an de ce débat, a souligné le député Christian Kert.

GROUPE DE TRAVAIL

Jean-François Copé a dit souhaiter réunir un “petit groupe de travail” accueillant également des députés de l‘opposition, se disant hostile à une hausse de la redevance pourtant préconisée la semaine dernière par le ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand.

Philippe Santini, directeur général de France Télévisions Publicité, a réclamé de la visibilité pour pouvoir anticiper l‘activité de la régie et décider du sort de ses 280 salariés.

Pour Christian Kert, un maintien de la publicité en journée ne conduirait pas forcément à une remise à plat de la privatisation de la régie enclenchée l’été dernier pour assurer sa pérennité.

“En tant que parlementaire, j‘estime qu‘il faut faire une pause dans la privatisation; en tant qu‘administrateur de France Télévisions, je pense qu‘on peut continuer la négociation avec le tandem Courbit-Publicis”, a-t-il dit à Reuters à l‘issue de la réunion. “Ce ne sont pas eux qui changent les règles du jeu, c‘est nous”.

Le conseil d‘administration de France Télévisions se réunira mardi 13 avril pour discuter de la question.

La coentreprise détenue à 60% par Lov Group, holding de l‘homme d‘affaires Stéphane Courbit, et à 40% par Publicis, s‘est engagée à négocier jusqu‘au 30 juin une participation de 70% dans France Télévisions Publicité pour 20 millions d‘euros.

Le projet de vente comportait une clause de complément de prix prenant en compte divers paramètres comme un maintien éventuel de la publicité en journée.

La régie publicitaire, qui a réalisé en 2009 un chiffre d‘affaires de 60 millions, a permis à France Télévisions de dégager plus de 400 millions d‘euros de recettes publicitaires, contre 260 millions budgétés à l‘origine.

Le directeur financier de France Télévisions Damien Cuier a toutefois précisé mercredi que ces recettes, divisées par deux comparé à celles réalisées en 2007, seraient réduites à “une centaine de millions” si la publicité disparaissait des écrans en journée comme prévu fin 2011.

Cyril Altmeyer, avec la contribution de Yann Le Guernigou, édité par Jean-Michel Bélot

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