7 avril 2010 / 05:19 / il y a 7 ans

L'iPad offre aux éditeurs une possibilité d'augmenter les prix

<p>Le succ&egrave;s initial de l'iPad d'Apple, lanc&eacute; samedi aux Etats-Unis, pourrait ouvrir de belles perspectives pour les &eacute;diteurs dans le secteur num&eacute;rique mais aussi entra&icirc;ner une hausse des prix des livres au d&eacute;triment des consommateurs. /Photo prise le 3 avril 2010/Robert Galbraith</p>

par Yinka Adegoke

NEW YORK (Reuters) - Le succès initial de l'iPad d'Apple, lancé samedi aux Etats-Unis, pourrait ouvrir de belles perspectives pour les éditeurs dans le secteur numérique mais aussi entraîner une hausse des prix des livres au détriment des consommateurs.

Apple a annoncé lundi avoir écoulé plus de 300.000 exemplaires de sa tablette dès son premier jour en magasin et plus de 250.000 livres numériques ont été téléchargés samedi sur le site iBookstore du géant américain.

L'excitation qui s'est emparée du public et ces chiffres initiaux très positifs laissent entrevoir un avenir florissant au marché de l'édition numérique, pour l'heure à la peine et dominé par la liseuse d'Amazon, le Kindle.

"Il n'y qu'une poignée d'entreprises qui ont 100 millions de clients ou plus. Apple est de celles-là. Il n'y en a pas dans le secteur du livre", souligne Brian Murray, directeur général de HarperCollins, filiale de NewsCorp.

L'arrivée d'Apple sur ce marché - avant celle annoncée d'autres acteurs - établit une concurrence pour Amazon et modifie les règles.

Mais à l'inverse des phénomènes habituels, cette concurrence accrue pourrait entraîner une hausse des tarifs, éditeurs et fabricants de lecteurs numériques étant tenté de s'entendre pour convenir de modèles économiques rentables pour tous.

En janvier, Amazon a brièvement retiré de son catalogue les titres de Macmillan, l'éditeur souhaitant commencer à vendre ses "e-books" plus cher que le prix standard d'Amazon, 9,99 dollars.

D'autres éditeurs ont formulé des demandes similaires et la situation a profité à Apple.

Certains, comme HarperCollins, ont scellé des accords qui leur permet d'échapper à la règle du revendeur et autorisent une plus grande flexibilité des prix sur la boutique iBookstore d'Apple, où les prix des meilleures ventes pourront largement dépasser les 9,99 dollars négociés par Amazon lors du lancement du Kindle en 2007.

LA PRESSE AUSSI CONCERNÉE

Depuis plus de deux ans, les éditeurs déploraient la position dominante d'Amazon et se montraient réticents à "brader" leurs meilleurs titres.

Récemment, Amazon a montré qu'il mesurait le risque et a passé des accords de flexibilité similaires à ceux d'Apple.

"Amazon était en position de force réelle et maintenant, il y a un nouvel acteur qui donne plus de contrôle aux éditeurs", souligne Ned May, analyste chez Outsell.

Barnes & Noble, qui avait souffert de guerre des prix lancée par Amazon, a confirmé cette semaine qu'il changeait de modèle pour suivre celui d'Apple et donner une fourchette de prix de 9,99 à 16,99 dollars pour les titres de HarperCollins, Hachette, Macmillan, Penguin ou Simon & Schuster, entre autres.

Si les consommateurs risquent de se plaindre de cette hausse des prix, May estime qu'elle est favorable à tous les acteurs du marché, dont Amazon.

"Etrangement, Amazon s'est presque lancé le premier parce qu'ils pouvaient dire 'ce n'est pas de notre faute', mais maintenant ils peuvent tourner la page et commencer à gagner de l'argent", juge James McQuivey, analyste de Forrester Research.

"Honnêtement, si vous êtes Barnes & Noble vous êtes plutôt content parce que vous ne pouvez pas concurrencer Amazon sur les prix - vous n'avez pas les rendements numériques d'Amazon."

Tous les éditeurs ne se satisfont cependant pas de ces nouveaux accords. Ainsi Random House, propriété de Bertelsmann, a-t-il ouvert des discussions avec Apple mais dit en privé ne pas être favorable à une hausse des prix.

L'impact de cette compétition enfin ouverte va au-delà des éditeurs de livres. Dans ce qui peut être compris comme un signe de confiance face à Amazon, le New York Times vient de porter le prix de son abonnement sur Kindle de 13,99 à 19,99 dollars.

Le quotidien américain n'a pas souhaité s'expliquer sur cette stratégie. La version disponible pour l'heure sur l'iPad est une sélection gratuite d'articles, mais un abonnement à l'ensemble de son contenu devrait être proposé bientôt.

Avec Phil Wahba, Grégory Blachier pour le service français

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